mardi 23 avril 2013

Chronique d’une journée ordinaire dans la commune de Bimbo (par Pascal Djimoguinan)


Dimanche 21 avril, une journée normale dans la commune de Bimbo (une ville de République centrafricaine faisant désormais partie de l'agglomération de Bangui. Elle est située dans la préfecture de Ombella-M'Poko dont elle constitue l'une des quatre sous-préfectures. C'est la deuxième plus grande ville du pays par sa population avec 124 176 habitants recensés en 2003). En cet après-midi, tout se passe comme à l’ordinaire depuis la prise du pays par les éléments de séléka.

            Sur la route, quelques taxis et quelques cars du transport public circulent ; des piétons vont leur chemin. Tout est calme…

            Les points de vente de « kangoya » le vin de palme local fonctionnent normalement. De groupes d’hommes et de femmes sont assis, en train de boire tranquillement, en se racontant les derniers événements. On en oublierait même que la situation sécuritaire du pays est encore préoccupante.

            Une moto s’arrête devant un point de vente de vin de palme ; le motard est bien un civil mais son passager est un élément armé de séléka ; il descend et s’approche du groupe en train de siroter le kangoya. Il arme son fusil et décide de procéder à l’arrestation d’un des buveurs. Les autres s’interposent ; le ton monte. L’élément de séléka devient de plus en plus violent et est prêt à faire usage de son arme. Les jeunes ne veulent pas se laisser faire ; ils maitrisent le militaire, le rouent de coups et disparaissent avec son arme.

            Bientôt, des Toyotas de la séléka quadrillent le quartier. La voie principale est fermée à la circulation ; les bus et les taxis ne peuvent plus passer. Les éléments de séléké se répandent dans le quartier. Les tirs automatiques commencent à retentir. Pendant plus d’une heure de temps (de 17h30 jusque vers 19h), on n’entendra que le bruit des tirs des kalachnikovs.

            La peur envahit le quartier qui se vide par les sentiers. Heureusement, arrivent la FOMAC (Force Multinationale de l’Afrique Centrale) et la police militaire. Elles désarment les éléments de la séléka et le calme revient. Un ultimatum sera donné au chef du quartier pour retrouver l’arme, ce qui sera fait le lendemain.

            Le quartier recommence à se repeupler petit à petit. Ce n’était qu’un incident de moindre importance. Ainsi Satan conduit le bal

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