En
février 1979, la guerre civile éclate à N’Djamena et va embraser tout cet état
de l’Afrique Centrale qu’est le Tchad. A partir de ce moment, suivra un temps
de perturbation qui va entrainer tout le pays dans une descente aux enfers.
Le
roman commence par le récit de Djasra et Laré deux cousins qui étaient encore
adolescents au moment du déclenchement des événements. Pour ces deux
personnages nous avons deux regards croisés, masculin et féminin de la façon
dont les événements ont été vécus et comment s’est manifestée la résilience de
tous ceux qui ont vécu cette guerre civile.
Djasra
et Laré racontent comment la guerre qui s’est déclenchée dans un établissement
d’enseignement secondaire était pour eux la fin d’un monde. Les différentes
péripéties seront suivies à travers Djasra et Laré et leurs familles respectives.
Laré,
avec sa famille, a dû quitter la capitale pour se refugier dans un premier
temps à Koundoul, une bourgade située à une vingtaine de kilomètres de la
capitale. Dans un premier temps, la vie a commencé à s’organiser dans ce
centre. Laré et quelques adolescentes vont s’organiser pour contrer un projet
des adultes qui voulaient régler un cas de viol à l’amiable, au détriment de la
victime.
Très
vite, la situation du pays va se détériorer avec l’avancée de la zone des
conflits. Les familles vont descendre plus au sud du pays. Chacun rejoindra sa
région d’origine.
En
l’absence de l’état, il fallait s’organiser pour survivre. Ce sera les femmes
qui vont réagir très rapidement et assurer la survie des familles. Par leurs
réactions, elles vont petit à petit prendre leur autonomie que la tradition
leur refusait au nom d’une certaine cohésion sociale.
Djasra
sera séparé de sa famille qui va également rentrer au sud du pays. Lui, restera
à N’Djamena, espérant une reprise prochaine des cours pour passer son brevet
d’études secondaires. Il aura à vivre les troubles que connait la capitale dans
les affrontements entre les différentes factions militaires. Avec quelques
amis, il sera au quartier Ardep Djoumbal, tentant de courber le dos en
attendant que le pire passe.
Djasra
et ses amis décideront finalement de sortir de N’Djamena. Ils assisteront
impuissants à la prise de Moursal par la coalition dirigée par le Premier
ministre. Leur périple les conduira à Bakara, puis à Koundoul village. Là ses
amis vont continuer au sud du pays alors que Djasra reviendra encore à
N’Djamena.
Il
vivra d’abord un temps à Ardep Djoumbal, puis se rendra à la base militaire de
Farcha pour quitter N’Djamena. Avec un ami, Alexis, ils vivront une aventure
rocambolesque où Djasra a failli se faire abattre par un enfant-soldat.
Arrivé
au sud du pays, Djasra tentera de survivre grâce à la culture. Très vite, il
sera rattrapé par les combats. Il vivra l’effroyable destin de ceux qui vivent
dans un pays conquis.
Finalement,
tous retrouveront la paix en regagnant l’antre du loup, N’Djamena où chacun
essayera de retrouver la vie d’avant la guerre.
L’épilogue
nous montre Djasra et Laré finissant de raconter les dures années de la guerre.
Nous avons de plaisir de retrouver Nodjilar, la victime du viol à Koundoul. Sa
rédemption viendra d’un geste qu’elle posera pour sauver son bourreau qui a été
victime d’un accident. Celui-ci va s’enfermer dans la honte de l’acte qu’il
avait posé.
Le roman finit par un regard d’espoir pour l’avenir : « Le temps de la guerre est passé, il faut faire place aux éveilleurs de conscience. »

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