jeudi 22 juin 2017

TCHAD : Quand Bedaya m’est conté (par Pascal Djimoguinan)

            (Au Sud du Tchad, en plein pays sar, à 33 kms de Koumra, il y a une chefferie traditionnelle  qui a une très grande influence sur tous les sars de la région. Alors que le grand groupe Sara est connu pour être une société acéphale, Bédaya fait partie de ces exceptions qui viennent toujours déranger toute systématisation totale de la réalité. Il est intéressant de s’intéresser aux origines de cette particularité.)
            Selon la tradition orale, les habitants de Bédaya viendraient du côté de Békamba. On y trouvait un puits appelé « le puits du roi » qui se trouvé dans un espace arboré. Les habitants étaient des chasseurs. Ils décidèrent de migrer en suivant la voie d’eau appelée Hor. Ils arrivèrent à Ngondéré, appelé alors Békégné, appartenant à Ngague. Ils lui demandèrent d’y installer leur village. On n’est pas sûr si une permission ferme leur a été accordée. Le roi de ces migrants s’appelait alors KUOLIYO (« oiseau –milan ») ou bien MBASIRAGUE.
            Cette même tradition orale de 1969 donne la liste de 18 rois (Mbang) :
1 Massirague (Kuoliyo)                   
2 Mbandédjigué, son fils
3 Mbakeygué, frère de Lbandéjigué
4 Mbamoudjigue, leur frère dont le surnom est : Bera dog
5 Mbayargue, son fils aîné
6 Mbatoumgué, son fils cadet
7 Mbarague, fils ainé du précédent
8 Borogue, son fils cadet (un témoignage assez dit de foi parle de lui en 1855)
9 Mougode, fils de Borogue
10 Barde, fils de Borogue
11 Assede, fils de Mougode
12 Mode, fils de Mougode
13 Yande, fils de Mougode
14 Kemtemadji, fils de Barde
15 Solengar, fils de Mougode
16 Ngariba, fils de Yande
17 Djidabay, fils de Mode
18 Ngaral, fils de Mode
            Selon la tradition orale, le Ngako Orentangar, fils de Kemtemadji, aurait dû être choisi comme roi en 1956 mais le chef de canton Midana l’aurait fait écarter au profit de son frère Ngaral.
            La tradition dit que Mbassirangue ou Kuoliyo, n’aurait pas été initié et que ce serait son successeur, Mbadédjigué qui aurait acheté l’initiation et qui aurait fait faire les marques tribales à son fils.
L’itinéraire et l’installation des migrants à Bédaya :
            En consultant d’autres témoignages, il est possible de compléter le récit de la migration de ce peuple.
            Le peuple en marche suivait la voie d’eau appelée Hor et est arrivé à Ndila. De là, il a passé le Mandoul et par la rive droite, a pénétré dans le canton day de Ngalo. A Buwa où le fleuve est très profond, et où se trouvait le village de Békégné, le peuple en marche a rencontré Ngakel en train de pêcher. A cause de leur nombre, il ne pouvait faire passer le peuple dans sa pirogue alors il lui a conseillé de continuer jusqu’à Ngandoge où il pourrait rencontrer le seigneur du lieu, le Sire de Békégné.
            Comment va se faire l’installation et le partage de la terre ? Ecoutons quelques témoignages des anciens :
- Le Sire de Békégné dont les terres sont sur les bords du Mandoul (très poissonneux) va laisser les étrangers s’établir sur les terres de son voisin le Sire de Ngandenga.
            Quand il est arrivé dans le pays, le roi a demandé à ses gens de défricher la terre, pour y construire sa hutte, mais lui restait assis sur son tambour. Avec la hache et la houe que leur a données le forgeron, ses hommes ont coupé la paille rouge et ils ont tressé une natte pour que le roi puisse s’asseoir dessus.
            Les gens du Sire de Békégné, qui étaient pêcheurs et fabriquaient du sel avec les cendres d’herbes aquatiques ont offert au roi et à ses gens du poisson et du sel.
- Le Mbang est un homme important et ses gens sont très nombreux : lors donc qu’il est venu et resté, les gens de Békégné reculèrent et le Mbang qui était puissant leur prit le pouvoir et ne le partagea plus avec eux. Le Sire de Békégné est devenu son padja.
            C’est le même processus à Bénguwé. Ngaagué, premier compagnon de Kuoliyo au pays nar vient s’installer vers la même période. Il trouve un chef déjà établi, Toogue, qui est possesseur de la terre. Il le supplante et peu à peu accapare le pouvoir.
- Le Mbang désigne son fils et lui dit : le village de Béko est très ancien. « Tu y vas car les gens y sont très riches ; il y a du gibier, le poisson et d’autres choses. Il n’est pas normal que tant de richesses n’appartiennent qu’au Ngako ke Mana. Il ne doit pas y avoir d’homme têtu, indépendant qui puisse le dépasser, lui le Mbang. » Ainsi, le fils du Mbang va s’installer à Béko, au-dessus du Ngorgue, le Ngombang et tous les gens.

            Le roi de Bédaya installa très tôt ses représentants à Kera et à Dokassi qui est devenu un des sanctuaires de l’initiation.



RCA : Il faut couper le nœud gordien (par Pascal Djimoguinan)

Les nouvelles de la République Centrafricaine continuent à être alarmantes malgré l’effort international en cours depuis quelques années. Cette semaine encore, il a fallu boire la coupe jusqu’à la lie. Les dépêches ont annoncé ceci : « Mardi à l'aube, Bria a été attaquée par des combattants de groupes d'autodéfense locaux qui s'en seraient pris notamment au quartier commercial ou se situe le marché central. Les casques bleus ont repoussé l'attaque. »
            Jusqu’ici, les forces des Nations Unies attendent pour réagir  chaque fois qu’il y a une attaque des différents groupes armés. Elles ont de la peine à prendre l’initiative. A ce rythme le conflit risque de s’éterniser et c’est la population civile qui en souffre.
            Il faudrait que les Nations Unies aient le courage de prendre la décision qu’il faut ; on ne peut plus continuer à faire la politique de l’autruche.
            Quelques mesures s’imposent. La Minusca devrait être une force plus offensive. Aucun groupe armé ne devrait être toléré. Tout groupe armé qui refuserait de se rendre devrait être considéré comme hostile et combattu jusqu’à sa reddition.

            C’est la seule solution. On ne comprend pourquoi les groupes armés devraient encore être tolérés. Il faudrait donner un ultimatum pour que tous les groupes armés rendent leurs armes.

mardi 20 juin 2017

Sœur Cécile Tinodji Nelembay, qui es-tu ?

            (La Sœur Cécile Tinodji Nelembay a fêté cette année ses 50 ans de Vie religieuse. Pour mieux la connaître, nous revisitons aujourd’hui la revue Chrétiens au Tchad aujourd’hui  de 1975 (juillet-août septembre) numéro 7. Elle y répondait à une lettre qui lui avait été adressée par Monsieur Ngarti Mbaïdum, instituteur à Moundou.)
            Cher Ngarti,
            Permettez-moi de vous dire un grand merci pour les questions que vous m’avez posées. Je vais essayer de vous répondre selon mes possibilités.
            Je suis née à Gagal, mais j’ai grandi à Bongor. Ma mère est Ngambaye, elle vit actuellement à Moundou. Mon père est centrafricain originaire de Bossangoa. Nous sommes quatre dans la famille, trois filles et un garçon. Nous avons tous grandi au Tchad. Je suis la troisième fille. Nous avons tous la nationalité Tchadienne.
            C’est à Bongor que j’ai connu les sœurs de Notre Dame des Apôtres. Elles m’ont envoyée au Dahomey (actuel Benin) faire mes études primaires, car j’étais très jeune lorsque j’ai quitté mes parents.
            J’ai passé plusieurs années au Dahomey de 1961 à 1967.
            Revenue au Tchad, j’ai fait mes études secondaires au Collège N.D. du Sacré-Cœur à N’Djamena. J’ai fait ensuite la classe pendant deux ans avant de reprendre des études. Je finis l’Ecole Normale cette année et je ne connais pas encore le lieu de mon affectation.
            Je suis la quatrième sœur Tchadienne. Parmi les huit sœurs Tchadiennes existantes, quatre ont déjà fait leurs engagements définitifs. Voici leurs noms : Sr M. Colette Many, Sr M. Cécilia Many, Sr Monique Ngonyom et moi-même. Nous sommes quatre dans le diocèse de Sarh, les autres sont dans le diocèse du Logone Occidentale de Moundou.
            Je pense que nous pouvons espérer avoir des sœurs Tchadiennes dans un proche avenir. Il y a des jeunes filles qui sont en train de se former à Donia et à Doïti. Dans un an ou deux nous serons plus nombreuses.
            Autrefois seul l’appel de Dieu suffisait pour devenir sœur, le diplôme était secondaire, il suffisait d’avoir la vocation. Mais depuis les dix dernières années, les instituts ont compris que c’était une erreur de ne pas faire étudier les Sœurs. Dans notre congrégation, on accepte les filles qui ont le bac ou un métier.
Pourquoi exige-t-on cela ? Une Sœur est le porte-parole du Christ auprès de ses frères. Elle doit être en mesure de transmettre la bonne nouvelle sans erreur. Elle doit comprendre les problèmes actuels pour aider les femmes et discuter avec les gens. Si elle est ignorante, elle ne pourra pas raire un travail efficace. Elle sera dépassée par les problèmes. Voilà les raisons pour lesquelles on exige maintenant que les sœurs soient instruites. (Ce qui ne veut pas dire que nous excluons les filles qui ont moins d’instruction et qui ont ressenti l’appel de Dieu.)
Chez nous, au Tchad, ce n’est pas comme cela. Les jeunes filles qui ont leur BEPC ou leur bac, ou celles qui ont appris un métier, ne veulent pas se faire sœur. Elles pensent avant tout gagner de l’argent, à se marier.
C’est pourquoi, on accepte pour le moment des filles du niveau CM2. Pour ma part, je souhaite vivement qu’il y ait, dans les couvents des filles instruites qui ont obtenu leur BEPC ou leur bac.
Voilà, cher Ngarti, les renseignements demandés. Si vous n’êtes pas satisfait, je vous invite à poser d’autres questions. Je serai contente de vous répondre.
Recevez mes salutations distinguées.

Tinodji NELEMBAY.

mardi 13 juin 2017

Sarh : l'écologie en espèces sonnantes et trébuchantes (par Pascal Djimoguinan)



            Toute l’actualité tourne autour de l’accord de Paris sur le climat, sur le retrait des Etats-Unis d’Amérique et sur les conséquences que cela pourrait avoir sur l’écologie à court, à moyen et à long terme. Les enjeux sont grands et il faut que le monde s’en émeuve. Il ne faudrait cependant pas que la recherche d’une solution globale soit un écran qui empêche de voir et de chercher des solutions locales.
            En fait, en quoi consiste le problème ? L’accord de Paris sur le climat fait suite aux négociations qui se sont tenues lors de la conférence de Paris sur le climat (COP21) de la convention-cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques. Cet accord qui a été approuvé par l’ensemble des 195 délégations le 12 décembre 2015 et qui est entré en vigueur le 4 novembre 2016, a été dénoncé par Donald Trump, président des Etats-Unis le 1er juin 2017. L’accord avait pour objectif de contenir le réchauffement climatique au-dessous de 2° C, de faire un effort pour un désinvestissement des énergies fossiles et d’atteindre la neutralité carbone. Il est créé une sorte de solidarité internationale dans la gestion écologique des ressources naturelles (il faut rappeler que le Tchad a signé cet accord le 22 avril 2016 et que cela a été ratifié le 12 janvier 2017).
            Sur le plan local, il faut dire que tout le monde a les yeux fixés sur les cimes et que très peu de choses sont fait au ras des pâquerettes. Il faut savoir que la flore mérite une attention particulière. En ce sens, au Tchad, théoriquement l’utilisation du bois de chauffe et du charbon obéit à une législation sévère. On prend le problème en amont, peut-être parce que cela fait plus gagner de l’argent par les taxes qui sont imposées aux contrevenants, quelques misérables dames qui vendent des sacs de charbon pour survivre.
            Il serait plus profitable de prendre le problème en aval. Cela signifierait prendre au sérieux le reboisement en ne se contentant pas uniquement de planter les arbres de les abandonner aux chèvres, en les arrosant pendant la saison sèche…
            Il faudrait aussi prendre soin des arbres déjà existant. L’on sait qu’il faut émonder un arbre pour lui rendre sa vigueur, le débarrasser des branches qui déséquilibrent sa croissance. Ce travail est nécessaire si l’on veut bien entretenir un arbre et aider sa croissance. Bizarrement, pour faire ce travail, il faut obtenir du service de l’environnement une permission onéreuse. Il faut payer 2.000 francs CFA par arbre à émonder. Cela décourage les bonnes volontés. Je ne sais pas si c’est seulement dans la ville de Sarh qu’il faut payer pour émonder les arbres ou si cela se fait dans tout le Tchad.

            Il faut espérer que la volonté universelle à travailler pour l’équilibre écologique fera prendre conscience à nos dirigeants. Nous ne demandons pas que soient payés ceux qui prennent soignent des arbres, mais qu’ils puissent le faire sans avoir à payer des amendes. 



jeudi 1 juin 2017

LU POUR VOUS/MALI - Communiqué de la Conférence épiscopale suite à une campagne de presse internationale sur de prétendus comptes en Suisse

« Nous agissons en pleine transparence, au service des œuvres de l’Eglise – affirme un communiqué de la Conférence épiscopale du Mali parvenu à Fides, publié en réponse à l’article du quotidien Le Monde, selon lequel existeraient en Suisse « de mystérieux comptes bancaires » pouvant être reconduits à un certain nombre d’Evêques.
Selon les rédacteurs même de cet article, « au début 2015, lorsque éclate le scandale SwissLeaks, publié par Le Monde et une soixantaine de médias internationaux, coordonnés par l’ICIJ, d’autres Maliens sont repérés dans les documents (bancaires NDT) HSBC(…). Mais les comptes en Suisse des trois plus hauts dirigeants de l’Episcopat malien de l’époque passent alors inaperçus ».
Les Evêques du Mali se demandent si « les auteurs de l’article tendancieux visent(-ils) plutôt un autre objectif inavoué que celui d’apporter des informations constructives à l’opinion ? Cet acte posé à un moment où cette Eglise vient d’être honorée par la nomination de son premier Cardinal vise-t-il à salir son image et à la déstabiliser ? Dieu qui voit tout et qui sait tout saura un jour rétablir la vérité » conclut le communiqué.

Le document rappelle que « la Conférence Épiscopale fonctionne en toute transparence. Elle dispose de statuts, d’un règlement intérieur et d’un manuel de procédures qui fixent les attributions de chaque Evêque (…). A ce titre, aucun Evêque n’agit à titre personnel dès lors qu’il s’agit d’une mission qui lui a été confiée par ses pairs. Une évaluation de toutes les activités est régulièrement faite ».
Le Mali traverse actuellement une crise politique et militaire très difficile. L’Eglise cherche à rétablir la paix et à aider les populations en difficulté. (L.M.) (Agence Fides 01/06/2017)

mercredi 17 mai 2017

LU POUR VOUS /RCA : A Bangassou, les musulmans dans la Cathédrale et au Séminaire

Le bilan de l’attaque menée par une centaine d’antibalakas contre Bangassou, dans le sud-est de la République centrafricaine, est de 26 morts selon l’ONU alors que, selon la Croix Rouge centrafricaine, il pourrait être plus élevé et atteindre au moins 150 morts.
Les antibalakas ont attaqué Tokoyo, le quartier à majorité musulmane de la ville. S.Em. le Cardinal Dieudonné Nzapalainga, Archevêque de Bangui, et S.Exc. Mgr Juan José Aguirre Muños, Evêque de Bangassou, sont intervenus afin de permettre à un millier de fidèles musulmans s’étant réfugiés dans la mosquée locale de sortir du lieu de culte, servant de bouclier humain pour les protéger.

Au cours de l’évacuation, des coups de feu sont partis, atteignant et tuant l’imam de la mosquée qui se trouvait aux côtés de Mgr Aguirre. Grâce à l’intervention des casques bleus portugais de la MINUSCA (Mission de l’ONU en Centrafrique), les évacués ont pu quitter la mosquée et être transférés dans la Cathédrale et au Séminaire local. (L.M.) (Agence Fides 17/05/2017)

samedi 29 avril 2017

Femmes africaine et les sciences, un désamour? (par N'Datchoh Evelyne Touré)

          (N’Datchoh Evelyne Touré, jeune chercheuse africaine de l’Université Félix houphouët Boigny d’Abidjan lance un vibrant appel à ses sœurs africaines. Les sciences ne doivent pas être considérées comme la propriété exclusive des hommes. Elle appelle les jeunes femmes africaines à intéresser un peu plus aux sciences dures.)
Une tendance à la hausse de la scolarisation des filles est observée en Afrique subsaharienne depuis les années 2000. Selon L’UNESCO, l’Afrique sub-saharienne a enregistré une augmentation de scolarisation de la fillette et de la jeune fille de 56% depuis 1970 (voir http://www.uis.unesco.org/_LAYOUTS/UNESCO/no-girl-left-behind/index-fr.html#lastmile-1). Cependant, malgré cette progression du taux de scolarisation, de nombreuses filles restent encore en dehors du système éducatif car n’ayant jamais eu la chance d’accéder à l’école. A côté de celles-ci, il y a également celles qui commencent tardivement l’école (c’est à dire à 10 ans et plus). Même s’il y a beaucoup à dire et à faire pour la scolarisation de la fillette et la jeune fille en Afrique, le but de cet article comme son titre le souligne, reste une invitation aux fillettes et jeunes filles d’Afrique sub-saharienne à la Science. Ainsi, pour la suite, notre propos se focalisera sur les Sciences, par voie de conséquence à celles qui ont eu la chance d’avoir accès à l’école et cela pas par soucis de discrimination. Une autre réflexion pourra se consacrer à la scolarisation de la fillette et de la jeune fille en Afrique sub-saharienne.
            Le constat que l’on fait après un tour dans les facultés et départements de sciences mathématiques, informatiques, technologiques, physiques et biologiques dans de nombreuses universités d’Afrique sub-saharienne est le faible nombre de femmes présentes dans ces lieux comparé à la masse masculine. Par exemple à l’université Felix Houphouet Boigny d’Abidjan Cocody en Cote d’Ivoire, les femmes chercheures et enseignant-chercheures ne représentent que 26% du nombre total des chercheur et enseignant-chercheurs que compte cette institution. Si l’on rencontre un peu plus de femmes et jeune filles dans les milieux de sciences biologiques et naturelles, on se croirait cependant en “milieu réservé pour les hommes” dans les milieux mathématiques, informatiques, technologiques et physiques. Par exemple, à la faculté de sciences, structure de la matière et Technologie de cette institution de cette même institution ivoirienne, la gente féminine ne représente qu’environ 10% du personnel enseignant et de recherche. La question qui vient alors à l’esprit est: “où sont passées toutes les jeunes filles dont le taux de scolarisation s’est amélioré de 56% depuis les années 1970 selon l’UNESCO?” En vue de comprendre ce phénomène de “disparition” ou “forte réduction”, il faudrait analyser le nombre de filles dans les lycées qui sont l’avant chambre des universités. Force est aussi de constater que déjà, au lycée, les jeunes filles sont plus nombreuses dans les filières non dédiées à la science comme s’il y avait quelque choses d’effrayant et de repoussant dans les filières préparant aux sciences mathématiques, informatiques, technologiques et physiques. Aussi longtemps, dans de nombreux milieux, on a fait croire qu’en se consacrant à la Science, on ne pouvait pas être coquette et prendre soin de soi, ou encore qu’une femme d’Afrique sub-saharienne n’avait pas besoin de faire des études scientifiques car cela serait incompatible avec la formation et la gestion de famille. De plus, que la Science restait trop difficile et serait réservée aux hommes. Tous ces préjugés et clichés n’ont pour but que de détourner les jeunes filles de la Science. Ce paragraphe vous invite donc, fillettes, filles, jeunes filles d’Afrique sub-saharienne à dépasser ces clivages et clichés, de vous retrousser les manches afin de prendre part au développement du continent, en vous intéressant à la Science et à la choisir. En effet, le monde de la recherche scientifique a besoin de votre dextérité, votre savoir-faire, votre grâce et de votre féminité pour son progrès dans nos sociétés d’Afrique sub-sahariennes. Les milieux de Science mathématiques, informatique, biologique et physique ont besoin de vous afin de rayonner sur le continent et trouver des solutions aux nombreux problèmes de nos populations. C’est aussi le lieu de faire un hommage à toutes ces femmes célèbres ou pas d’Afrique et du monde entier qui ont fait et continuent de faire avancer la Science.
A quand une Marie Curie africaine? Toutes à la Science pour le progrès de l’Afrique!!!!!!!!!!!!!!!!!!


                                                                                     N’Datchoh E. T.

mercredi 26 avril 2017

NIGERIA - Libération du prêtre jésuite enlevé le 18 avril

Le Père Samuel Okwuidegbe, jésuite nigérian de 50 ans enlevé par des inconnus le 18 avril dernier alors qu’il se trouvait sur la route reliant Benin City à Onitsha, a été libéré.
La libération du religieux a eu lieu le 22 avril et aucun détail n’est connu quant aux circonstances de cette dernière.

Au cours de ces dernières années, plusieurs prêtres et religieux ont été enlevés au Nigeria dans un but d’extorsion et ce en particulier dans le sud du pays. La Conférence épiscopale du Nigeria a interdit tout paiement de rançon en cas d’enlèvement de prêtres. (L.M.) (Agence Fides 25/04/2017)

vendredi 21 avril 2017

LU POUR VOUS/Enlèvement d’un Jésuite dans le sud du Nigeria

Le Père Samuel Okwuidegbe, jésuite nigérian de 50 ans, a été enlevé par des inconnus le 18 avril sur la route reliant Benin City à Onitsha, dans le sud du pays.
Selon les informations recueillies par La Croix, le Père Okwuidegbe allait prêcher une retraite de prière à 150 Km du centre spirituel qu’il dirige et où il vit en compagnie de trois de ses confrères. Sa voiture a été retrouvée par la police qui poursuit les recherches.
« En ce moment, nous n’avons pas beaucoup de détails. C’est la première fois depuis plusieurs années qu’un prêtre de notre Compagnie est victime d’un enlèvement dans la région » a déclaré le Père Rigobert Kyungu Musenge, Secrétaire régional des Jésuites pour l’Afrique et Madagascar, qui relève que deux autres personnes ont été enlevées en compagnie du Père Okwuidegbe. « Nous ne pensons pas qu’il ait été enlevé en tant que prêtre » souligne-t-il.
En 2016, plusieurs prêtres catholiques avaient été enlevés au Nigeria, en particulier dans le sud. Le Père Sylvester Onmoke, Président de l’Association des prêtres diocésains du Nigeria (NCDPA) a, à ce moment-là, qualifié « la récente vague d’enlèvements de prêtres et de religieux (comme étant une) attaque contre l’Eglise »  (Agence Fides 21/04/2017)

mercredi 12 avril 2017

Message de Pâque de l'archevêque de Bangui (RCA)

« ALLEZ DIRE A SES DISCIPLES : JESUS EST RESSUSCITE DES MORTS ET VOUS PRECEDE EN GALILEE » (Mt 28, 7)
MESSAGE DE PAQUES 2017 de S. Em. Dieudonné Cardinal NZAPALAINGA, Archevêque Métropolitain de Bangui à la communauté chrétienne de Bangui, aux hommes et femmes de bonne volonté
Chers frères et sœurs en Christ, et vous tous, hommes et femmes de bonne volonté.
La paix du Christ !
Au bout de la Semaine Sainte éclate la joie pascale : le Christ est ressuscité ! Le crucifié est sorti victorieux de la mort. Sa gloire nous est manifestée dans toute sa splendeur. Dans la Pâques du Fils de l’homme nous contemplons le terme de la vie chrétienne, l’oméga de notre cheminement avec lui. Parmi tant d’autres, trois signes liturgiques expriment éloquemment le mystère de Pâques : le blanc qui se substitue au violet, le gloria et l’alléluia qui réapparaissent après avoir été tus pendant le carême. Le gloria qui est un chant de louange et exprime la joie du peuple de Dieu en marche vers le Royaume. Il exprime aussi le triomphe du Christ. Le gloria est plus qu’une simple acclamation de joie et de louange. C’est un trait d’union entre le ciel et la terre. En effet, il nous relie à la fête de Noël où il nous est donné par les anges : le ciel et la terre acclament le Sauveur. Mais encore, l’Alléluia pascal évoque la posture debout, posture du ressuscité et du missionné. À travers ce cri, nous exprimons la conscience que nous avons de vivre un temps nouveau et d’être envoyé pour en être d’authentiques témoins.
De la mort de Jésus à la Vie en Christ
Avec la mort de Jésus, il semble que non seulement sa vie mais aussi son œuvre soit complètement détruite. La mort est la fin ; après la mort personne n’est encore revenue à la vie. Maintenant qu’il est en train de mourir, ses adversaires se moquent de lui en ces termes : « Il en a sauvé d’autres et il ne peut pas se sauver lui-même ! Il est Roi d’Israël, qu’il descende maintenant de la croix, et nous croirons en lui ! Il a mis en Dieu sa confiance, que Dieu le délivre maintenant, s’il aime, car il a dit : « Je suis Fils de Dieu ! » (Mt 27, 42-43). Les adversaires de Jésus l’ont poussé à démontrer ce qu’il prêchait, c’est-à-dire la victoire de la vie sur la mort.
Jésus n’est pas descendu de la croix pour sauver sa vie. Dieu n’est pas intervenu. Jésus est mort dans la honte et le tourment. Ceci semble démontré à suffisance qu’il n’est pas le roi d’Israël, ni le Fils de Dieu, mais plutôt un imposteur comme l’accusaient ses détracteurs : « Le lendemain, jour qui suit la Préparation, les grands prêtres et les Pharisiens se rendirent ensemble chez Pilate. Seigneur, lui dirent-ils, nous nous sommes souvenus que cet imposteur a dit de son vivant : après trois jours, je ressusciterai » (Mt 27, 62-63). C’est de cette manière que se présentait la situation du coté de ses adversaires.
Jésus continue encore de souffrir et d’être humilié dans la chair de ceux qui sont ses frères. Il suffit de nous rappeler la parole adressée à Saul sur la route de Damas : « Saul, pourquoi me persécuter ? » (Ac 9, 5). Lors du jugement dernier, Jésus s’identifie aux touts petits qui sont ses frères : « En vérité, je vous le déclare, chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits, qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25, 40).
Beaucoup de nos frères et sœurs souffrent encore terriblement de la violence. Les nouvelles qui nous parviennent de l’intérieur du pays nous inquiètent. Il y a une recrudescence de la violence. Les puissances du mal se déchaînent et font des ravages. Des engins de destruction et de mort envahissent nos villes et nos villages. Le prophète Jérémie disait à son époque : « Dans Rama on entend une voix plaintive, des pleurs amères : Rachel pleure sur ses enfants, elle refuse tout réconfort, car ses enfants ont disparu » (Jr 31, 15). Pour paraphraser le prophète, nous pouvons dire qu’à Ngaoudaye, Bocaranga, Kaga Bandoro, Bambari…on entend des cris d’abandon, des larmes amères. Le peuple centrafricain est en pleurs car, à cause des criminels, c’est partout la désolation.
Comment alors annoncer le message de la résurrection à ceux qui souffrent ? Comment dire aux persécutés que Christ est ressuscité ? Comment annoncer aux bourreaux, aux criminels la Bonne Nouvelle de la résurrection ? Comment porter ce message du salut à tous ceux qui tirent la ficelle de ce conflit dans l’ombre ?
Certes, quand nous sommes plongés dans le cœur de la souffrance, nous voulons une réponse divine immédiate. Cependant, le temps de Dieu n’est pas le nôtre. Nous sommes plutôt appelés à nous unir au Christ dans sa passion. Avec ce que je vis, je descends dans le tombeau avec le Christ. Notre Sauveur a affronté la mort pour la vaincre ; il est descendu dans les entrailles de la mort, dévoilant ainsi tous ses secrets. C’est ce que nous disons dans la Séquence avant l’Evangile à Pâques : « La mort et la vie s’affrontèrent en un duel prodigieux. Le Maître de la vie mourut ; vivant, il règne ».
 Notre souffrance ne trouve son sens que dans notre engagement à la suite du Christ, Chemin, Vérité et Vie. Jésus dans sa passion, nous a montrés le chemin : « En effet, qui veut sauvegarder sa vie, la perdra ; mais qui perd sa vie à cause de moi, l’assurera » (Mt 16, 25). Jésus durant toute sa vie, a prêché dans la vérité, il est la Vérité. Voilà un mot qui pose problème en Centrafrique, la Vérité. Qu’est-ce que la vérité en Centrafrique ? Permettez-moi de citer la médiation du Pape Saint Jean Paul II, lors de la Via Crucis (Chemin de Croix) du Vendredi Saint pendant le jubilé de l’an 2000, car à mon avis, cela nous interpelle vivement ; en plus il est le premier Pape qui nous a rendu visite et nous avons sa relique ici en la  Cathédrale. Saint Jean Paul II, en méditant l’interrogatoire de Jésus devant Pilate disait : [« Le drame de Pilate se cache dans la question : Qu'est-ce que la vérité ? Ce n'était pas une question philosophique sur la nature de la vérité, mais une question existentielle sur son rapport à la vérité. C'était une tentative de se dérober à la voix de sa conscience qui lui ordonnait de reconnaître la vérité et de la suivre. L'homme qui ne se laisse pas conduire par la vérité se dispose même à émettre une sentence de condamnation à l'égard d'un innocent.
C'est de cette façon que Jésus a été condamné à la mort sur une croix, Lui le Fils du Dieu vivant, le Rédempteur du monde. Tout au long des siècles, la négation de la vérité a engendré souffrance et mort. Ce sont les innocents qui paient le prix de l'hypocrisie humaine. Les demi-mesures ne sont pas suffisantes. Il ne suffit pas non plus de se laver les mains. La responsabilité pour le sang du juste demeure. C'est pour cela que le Christ a prié avec tant de ferveur pour ses disciples de tous les temps : Père, «consacre-les par la vérité: ta parole est vérité» (Jn 17, 17)][1]
Le « poncepilatisme » est très présent dans notre manière d’agir en Centrafrique. Nous refusons souvent de vivre dans la vérité, nous condamnons facilement l’innocent. Nous qui avons pouvoir de décision, le plus souvent nous gardons le silence pour sauver nos fauteuils. Beaucoup d’innocents continuent de souffrir et de mourir à cause du mensonge. Nous devons aimer la vérité et la vivre jusqu’au bout. Car c’est de cette manière que nous pouvons avoir la vie.
Des messagers de la vie et du pardon
 Le jour de Pâques est porteur d’un changement. Les femmes vont au tombeau du crucifié de bon matin. Elles l’ont suivi depuis la Galilée, elles ont assisté à sa mort et sa sépulture. Contrairement aux disciples qui ont pris la fuite, au moment de l’arrestation, elles sont restées avec Jésus et sont témoins de tous ces évènements. A la première occasion, elles n’ont pas hésité un seul instant d’aller à la tombe, en dépit du fait qu’il s’agit d’un homme mort dans l’ignominie et le discrédit. Elles ont fait le choix d’être fidèles à Jésus et de lui rester proches.
A la tombe, les femmes vont vivre le tremblement de terre et l’intervention d’un ange qui manifestent la puissance de Dieu (Mt 28, 2s). De la rencontre avec l’ange, elles vont apprendre ce qui est arrivé à Jésus et reçoivent l’envoi missionnaire. En effet, l’ange leur dit : « Je sais que vous cherchez Jésus le crucifié ». En ce mot « crucifié » se résume tout ce que les hommes ont fait à Jésus : « Le Fils de l’homme va être livré aux mains des hommes ; ils le tueront » (Mt 17, 22-23). De cette manière, Jésus est devenu solidaire de tous les hommes qui, tout au long de l’histoire, ont subi l’arbitraire et la cruauté de leurs frères.
Dans le message pascal, nous annonçons que Jésus est ressuscité. Dieu l’a ressuscité. Dieu a accueilli dans sa vie éternelle et immortelle le Crucifié qui a été tué avec violence. Ceci est un message d’Esperance pour toutes les innombrables victimes de la violence injuste. Le Crucifié est ressuscité en montrant ses plaies à ses disciples.
Chers frères et sœurs de Centrafrique et de l’archidiocèse de Bangui en particulier, ce que nous avons vécu dans notre pays a laissé des cicatrices. Pour les ennemis de la paix, ces cicatrices sont signes de victoire. Oui, il s’agit d’une victoire seulement apparente ; car de la même manière que Dieu est intervenu dans la vie de Jésus Crucifié en le sauvant de la mort, à Pâques, c’est Lui-même qui agit dans nos vies pour nous ressusciter avec nos cicatrices, pour confondre nos adversaires. Par voie de conséquence, nos cicatrices, nos souffrances, nos blessures retrouvent une dimension salvifique dans le renouvellement opéré par Dieu.
Après le tombeau, les femmes ont vite couru pour porter la nouvelle à ses disciples. Déjà au mont des Oliviers, Jésus avait annoncé aux disciples qu’après sa résurrection, il les précèderait à Galilée (Mt 26, 32). Cela est maintenant une réalité. Pour les disciples, ce rendez-vous a une importance décisive. Quand ils ont pris la fuite pendant son arrestation, d’une certaine manière, ils avaient rompu la communion avec lui ; ils se sont séparés de lui. Mais le Ressuscité leur accorde le pardon et la réconciliation. Il les invite et les précède en Galilée.
Le Ressuscité n’appelle pas de nouveaux disciples après la trahison des premiers qu’il a choisis. Il renouvelle sa confiance en eux, il les pardonne et les appelle frères : « Allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront » (Mt 28, 7). La résurrection n’est pas du sur place ni un retour en arrière. Le Christ nous remet debout et nous ordonne de rejoindre un lieu. Il nous met en marche. Sur la montagne du rendez-vous, il atteste sa seigneurie sur le monde entier et nous y envoie en mission : « Allez donc : de toutes les nations faites des disciples, les baptisant [...] leur apprenant à garder tout ce que je vous ai prescrit. » Et surtout, il nous rassure de sa présence, de sa proximité : « Et moi je suis avec vous, tous les jours jusqu’à la fin des temps. » (Mt 28, 16s).
La résurrection implique une mission : vivre conformément au regard que la destinée du Fils de l’homme nous fait porter sur le monde. A partir de là, il nous incombe de projeter un regard nouveau sur les lieux anciens : les choses anciennes parce qu’éclairées par Jésus, nous pouvons les dépasser, les traverser. La haine et la violence par exemple, parce qu’en Jésus j’ai appris à les vaincre, je peux les dépasser. Nous échappons au règne de la haine pour dorénavant nous soumettre librement au régime de l’amour.
La nouveauté de la résurrection consiste en la prise de conscience que Jésus aujourd’hui encore nous relève de nos peines et de nos souffrances. Jamais il ne s’est absenté de notre société et de notre histoire récente quand bien même le spectre de la mort donnait l’impression de régner. La proclamation de la résurrection de Jésus implique un repartir, une reconstruction par l’action de l’Esprit Saint. Nous acceptons de laisser le Christ reconstruire notre être, notre conscience. Nous nous engageons à reconstruire l’amitié, la fraternité sur le socle du cœur et de l’esprit nouveaux que Jésus nous donne. Oui, nous acceptons de repartir, de reprendre la route qui mène à la Galilée, là où il nous donne rendez-vous.
La mort de Jésus en croix semblait avoir détruit sa personne et mis fin à son œuvre. La résurrection intervient alors comme l’évènement décisif et comme la révélation définitive. Elle montre que Dieu est à côté de Jésus et confirme en premier lieu toute l’œuvre de son Fils. Elle montre que Jésus est le Fils de Dieu et que 11 nous devons avoir confiance en Lui, en ses paroles et actions. Elle montre que Jésus est le vainqueur de la mort. Elle révèle que ce ne sont pas les hommes avec leur volonté de destruction qui ont le dernier mot. Dieu dans son amour et sa puissance est vainqueur de la mort.
Chers frères et sœurs,
Je souhaite que vous puissiez vous armer de la Parole et de l’expérience de Jésus Christ. Que l’Esprit désarme définitivement vos cœurs et vos esprits de tout regard destructeur, de tout projet de vengeance, de toute tentative de solution par la vengeance. Ainsi allégés, rendez-vous à la nouvelle Galilée, le Kilomètre 5,v quartier Fondo, quartier Haoussa, Kina, Boy-Rabe, Gbangou, Damara, bref tous les coins et recoins de notre archidiocèse. Là, vivez désormais en frères et sœurs de Jésus, en fils et filles de la lumière en partageant, en vous entraidant, en vous aimant. Que la Vierge Marie Notre Dame de l’Oubangui intercède pour nous et nous accompagne sur ce chemin de la Résurrection. Amen.
Dieudonné Cardinal NZAPALAINGA,
Archevêque Métropolitain de Bangui



[1] Voici l’intégralité de la méditation du Pape Saint Jean Paul II : «Es-tu le roi des Juifs ?» (Jn 18, 33). «Ma royauté ne vient pas de ce monde; si ma royauté venait de ce monde, j'aurais des gardes qui se seraient battus pour que je ne sois pas livré aux Juifs. Non, ma royauté ne vient pas d'ici» (Jn 18, 36). Pilate ajouta : «Alors, tu es roi ?» Jésus répondit : «C'est toi qui dis que je suis roi. Je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Tout homme qui 6 appartient à la vérité écoute ma voix». Pilate répliqua : «Qu'est-ce que la vérité ?». À ce point, le Procureur romain considéra l'interrogatoire comme terminé. Il alla chez les Juifs et leur dit : « Moi, je ne trouve en lui aucun motif de condamnation» (cf. Jn 18, 37- 38). Le drame de Pilate se cache dans la question : Qu'est-ce que la vérité ? Ce n'était pas une question philosophique sur la nature de la vérité, mais une question existentielle sur son rapport à la vérité. C'était une tentative de se dérober à la voix de sa conscience qui lui ordonnait de reconnaître la vérité et de la suivre. L'homme qui ne se laisse pas conduire par la vérité se dispose même à émettre une sentence de condamnation à l'égard d'un innocent. Les accusateurs devinent cette faiblesse de Pilate et c'est pourquoi ils ne cèdent pas. Avec détermination ils réclament la mort en croix. Les demi-mesures auxquelles Pilate a recours ne l'aident pas. La peine cruelle de la flagellation infligée à l'Accusé n'est pas suffisante. Quand le Procureur présente à la foule Jésus flagellé et couronné d'épines, il semble chercher une parole qui, à son avis, devrait faire céder l'intransigeance de la foule. Montrant Jésus, il dit : «Ecce homo ! Voici l'homme !» Mais la réponse est : «Crucifie-le, crucifie-le !» Pilate cherche alors à discuter : «Reprenez-le, et crucifiez-le vous-mêmes; moi, je ne trouve en lui aucun motif de condamnation» (cf. Jn 19, 5-6). Il est toujours plus convaincu que l'Accusé est innocent, mais cela ne lui suffit pas pour émettre une sentence d'acquittement. Les accusateurs recourent à l'ultime argument : «Si tu le relâches, tu n'es pas ami de l'empereur. Quiconque se fait roi s'oppose à l'empereur» (Jn 19, 12). La menace est claire. Devinant le danger, Pilate cède définitivement et émet la sentence. Mais non sans faire le geste lâche de se laver les mains : «Je ne suis pas responsable du sang de cet homme; cela vous regarde !» (Mt 27, 24). C'est de cette façon que Jésus a été condamné à la mort sur une croix, Lui le Fils du Dieu vivant, le Rédempteur du monde. Tout au long des siècles, la négation de la vérité a engendré souffrance et mort. Ce sont les innocents qui paient le prix de l'hypocrisie humaine. Les demi-mesures ne sont pas suffisantes. Il ne suffit pas non plus de se laver les mains. La responsabilité pour le sang du juste demeure. C'est pour cela que le Christ a prié avec tant de ferveur pour ses disciples de tous les temps : Père, «consacre-les par la vérité: ta parole est vérité» (Jn 17, 17).

lundi 10 avril 2017

LU POUR VOUS/SYRIE - Réflexions de l’Archevêque syro catholique d’Hassaké Nisibi à propos de l’attaque américaine sur une base aérienne syrienne

« Le Président Trump pense comme un homme d’affaires et se comporte comme un homme d’affaires. Au travers de l’attaque contre la base (aérienne NDT) syrienne, il gagne également l’appui de secteurs influents du pouvoir américain qui pouvaient lui être contraire, alors qu’à l’étranger, il rassure la Turquie, l’Arabie Saoudite et les pays du Golfe ». S.Exc. Mgr Jacques Behnan Hindo, Archevêque syro catholique d’Hassakè-Nisibi s’en déclare convaincu. Selon lui, l’attaque américaine « était déjà prévue. C’est pourquoi ils n’ont voulu prendre en aucune considération les demandes d’enquête plus approfondie concernant les responsabilités des victimes de l’empoisonnement à l’arme chimique intervenu en province d’Idlib. S’agissant des « preuves irréfutables » dont la CIA disposerait concernant la responsabilité de l’armée syrienne, elles font penser à celles que Colin Powell montra à l’ ONU pour justifier l’intervention en Irak. Dans tous les cas, Mgr Hindo ne croit pas que la nouvelle phase de tension pourra porter à un affrontement direct entre les puissances mondiales sur le territoire syrien. « Les russes – fait remarquer l’Archevêque dans le cadre d’un entretien accordé à l’Agence Fides – ont voulu faire savoir que, sur un total de 59 missiles lancés par les destroyers américains, pas même la moitié n’a atteint un quelconque objectif. Cela me fait penser que les autres pourraient avoir été interceptés par les instruments de lutte anti-missiles russes. Dans tous les cas, depuis des années en Syrie, les puissances se livrent à une guerre par procuration mais je ne crois pas au passage à un affrontement direct entre les Etats-Unis et la Russie en Syrie. Ils rechercheront un compromis parce que pas même les Etats-Unis ne veulent qu’en Syrie ne se crée un Etat aux mains des islamistes de Jabhat al Nusra. Ils préfèrent stabiliser la situation puis, à moyen long terme, penser à l’après Assad ». (GV) (Agence Fides 08/04/2017)

jeudi 6 avril 2017

LU POUR VOUS/RCA - Attaques contre les missions catholiques de Ngaoundaye et intervention résolutive des Casques bleus

Deux missions catholiques ont été attaquées à Ngaoundaye, petite localité de l’extrême nord-ouest de la République centrafricaine.
« Les nouvelles dont nous disposons sont encore fragmentaires – déclare le Père Aurelio Gazzera, missionnaire carme à Bozoum. Ce qu’il est donné de savoir est que le 4 avril, un groupe de rebelles de l’ancienne Seleka est entré dans le village, saccageant les habitations privées et les deux missions de la zone, celle des Pères Capucins et celle des religieuses polonaises des Sœurs de la Charité de Sainte Jeanne Antide Thouret. Il semble que ces violences aient fait au moins quatre morts. Grâce à l’intervention de la MINUSCA (Mission de l’ONU en Centrafrique), les miliciens se sont retirés ».
Le Père Gazzera a recueilli le témoignage d’un certain nombre de religieuses congolaises de la Congrégation des Filles de Notre-Dame de la Miséricorde de Savone, qui ont été brièvement prises en otage par les bandits. « Certaines religieuses de notre mission qui se rendaient à la frontière en minibus ont trouvé la route barrée par une trentaine d’hommes armés, qui les ont contraintes à les suivre alors qu’ils entraient dans le village de Ngaoundaye, un petit village qui se trouve à la frontière entre la République centrafricaine, le Tchad et le Cameroun, dans l’extrême nord-ouest du pays ».
« De là, nous pouvons déduire que le plan de la bande, constituée d’anciens de la coalition Seleka provenant de Paoua, consistait à saccager les pauvres biens de la population locale puis à chercher à tenir la zone avec son poste de douane, de manière à extorquer les commerçants. Au-delà de la frontière, au Cameroun, se trouve un important marché et la zone est par suite traversée par des marchandises en entrée et en sortie » souligne le missionnaire.
« Les religieuses m’ont déclaré que les bandits étaient bien armés mais qu’ils ne les ont pas molestées. Leur comportement donne l’idée d’une tentative visant à tâter le terrain pour voir quelles sont les réactions à la conquête de leur part de cet important poste de frontière ».
Le Père Gazzera souligne que, « tant que ne seront pas déployées des contingents consistants de Casques bleus de la MINUSCA et de militaires de l’armée régulière, la zone de la frontière du nord-est restera entre les mains de différents groupes armés issus des anciens Seleka et de leurs rivaux anti-balakas ». (L.M.) (Agence Fides 06/04/2017)

vendredi 31 mars 2017

Souviens-toi (par Pascal Djimoguinan)

Quand tu navigues sur les mers de la vie
Balloté par les vagues de la jeunesse
Le cœur brûlant de fièvre et la tête pleine,
Souviens-toi.

Quand tu avances au gré des vents
Ivre de vie et d’amour
Quand la bouche ouverte, tu aspires l’air à pleins poumons
Souviens-toi.

Des nuages s’annoncent, la tempête se prépare,
Les éléments vont entrer en furie
Et l’immensité de cette mer qui te fascinait te sera hostile
Mais toi, souviens-toi.

Souviens-toi pendant tes moments de lucidité,
Quand le vent ne souffle pas et que tes voiles pendent
Quand tu n’es pas tourné vers d’autres horizons
Souvient-toi que tu es un homme
 

samedi 18 mars 2017

Monseigneur Jean-Claude Bouchard, 40 ans déjà

(Il y a 40 ans, le 1er mai 1977, c’était l’ordination épiscopale de monseigneur Jean-Claude Bouchard comme évêque de Pala. Nous revenons sur la cérémonie grâce à un article de la revue « Chrétiens au Tchad aujourd’hui », n° 15, août-septembre 1977. L’article était de l’abbé Yves Jausions)
            Le 1er mai 1977 était un jour de joie pour tous les chrétiens des communautés du Mayo-Kebbi. En effet, c’était l’ordination épiscopale de Monseigneur Jean-Claude Bouchard, évêque de Pala.
            En juin 1975, Monseigneur DUPONT donnait sa démission. Depuis près de deux ans, le diocèse était administré par le Père Sergent. Après cette longue attente, on comprend la joie de tous les chrétiens du Moyo-Kebbi.
            Monseigneur Jean-Claude BOUCHARD est né le 29 septembre 1940 au Québec (Canada) d’une famille de cultivateur : il est le second d’une famille de sept enfants, il a trois frères et trois sœurs.
            Après être entré chez les Oblats de Marie-Immaculée, il est venu au Tchad à Moulkou, de 1963 à 1965, comme directeur de l’école. Ensuite, il est allé à Rome préparer sa licence de philosophie et de théologie. Ordonné prêtre le 30 août 1969, il revient à Guélendeng où il apprend le massa. Enfin, le 26 février, le Pape Paul VI le choisit comme évêque de Pala.
            En ce 1er mai, les chrétiens sont venus de tout le diocèse, ils se groupent par ethnie près de la cathédrale. Il y a là Mgr Dalmais, archevêque de N’Djamena, Mgr Belzile et Mgr Gaumain de Moundou, Mgr Véniat de Sarh, Mgr Dupont, l’ancien évêque de Pala. Sont venus également Mgr Charpenet, de Yagoua, Mgr de Bernon de Maroua, et Mgr Pasquier de Garoua ; enfin Monseigneur N’DAYEN, archevêque de Bangui, accompagné du Délégué apostolique et des évêques de Bosangoa et de Pointe Noire.
            On commence par présenter le nouvel évêque et on lit la lettre de Paul VI nommant Monseigneur Jean-Claude BOUCHARD, pasteur de toutes les communautés du diocèse. Ensuite les différentes communautés du Mayo-Kebbi sont appelées à donner leur témoignage.
            Après que chaque ethnie se soit présentée commence la liturgie de la Parole. Les différents groupes de langues se dispersent sous les arbres. Pour les francophones, c’est Mgr Gaumain, ancien évêque de Moundou, redevenu le Père Samuel, qui donne l’homélie :
            « Dieu n’est pas partial, puisqu’il est le Sauveur de tous les hommes, comme nous le montre le livre des Actes, où Pierre baptise le centurion Corneille. Après sa résurrection, Jésus donne à Pierre le soin de guider le peuple des croyants. Quant aux Apôtres, ils ne laissent pas Pierre aller seul à la pêche : « Nous y allons avec toi ; Nous avons tous à proclamer l’amour du Père et la fraternité des hommes ».
            Alors c’est la consécration épiscopale. Mgr N’DAYEN encourage son jeune frère : « La tâche sera lourde, mais vous aurez la joie de travailler à la suite de Pierre ». Puis, c’est l’interrogation « Voulez-vous annoncer la Bonne Nouvelle de l’Amour de Dieu ? Oui, je le veux ».
            Après avoir invoqué les Saints, Mgr N’DAYEN, le consécrateur principal, impose les mains sur la tête de l’élu, signe traditionnel du don de l’Esprit Saint, source de tout ministère ; il pose encore l’Evangile sur la tête du nouvel évêque en demandant Dieu de lui donner son Esprit. Puis le nouvel évêque reçoit l’anneau, la mitre et la crosse ou bâton du berger et s’asseoit au fauteuil. Tous les évêques et ses amis viennent l’embrasser et le féliciter. Pendant le sacrifice, la foule des chrétiens prie pour le nouvel évêque et chaque groupe ethnique dit sa joie par des chants.
            A la fin de la messe, Mgr Jean-Claude BOUCHARD remercie tous ceux qui sont là. Il s’adresse en particulier aux autorités tchadiennes présentes pour leur dire au nom du personnel missionnaire son profond respect et son grand désir de servir le pays et de collaborer au progrès réel du Tchad. La parole de Dieu rassemble tous les hommes dans la fraternité sans distinction de races ; elle enseigne que tous les hommes sont enfants de Dieu et donne à tout homme, même le plus petit, la possibilité de se développer ; il nous purifie de notre mal.
            Il remercie Mgr DUPONT, qui, après le Père JOUNAUX, Préfet Apostolique, a favorisé dans la liberté le travail des équipes. Il remercie aussi le Père SERGENT qui a assuré l’intérim. Enfin, il remercie le Seigneur. « Mais là, les mots ne peuvent exprimer ce que nous avons dans le cœur.
            Il nous reste à nous, les chrétiens du Tchad, le devoir de prier pour le nouvel évêque. Nous pouvons le faire en nous servant de la belle prière dite au moment de l’ordination :

            « Seigneur notre Dieu, Toi qui es notre Guide et le Pasteur de tous les fidèles, regarde avec bonté ton serviteur Jean-Claude. Accorde-lui de se dévouer par la parole et par l’exemple à ceux dont il a reçu la charge pour entrer dans la vie éternelle avec le troupeau que tu lui as confié ».

vendredi 17 mars 2017

Il y a 43 ans, témoignage de sœur Tinodji (par Sr Cécile Tinodji Nelembay)

            (Il y a 43 ans, le 19 octobre 1974, la sœur Cécile Tinodji Nelembay prononçait ses vœux perpétuels dans la congrégation des sœurs Notre Dame des apôtres dans la cathédrale de Sarh. Elle a pris la parole au cours de la cérémonie. Nous donnons ici l’intégralité de son intervention afin que les jeunes puissent en prendre connaissance. Nous le tirons de la revue « Chrétiens au Tchad aujourdhui », n°5, premier trimestre 1975, pp 3-4. Cela est tiré d’un article de Souk Allag Ouaina.)
            Mes chers frères, sœurs et amis,
            Je vous remercie d’être venus nombreux aujourd’hui pour prier avec moi et partager ma joie. Ce jour pour moi a été vraiment attendu.
            Je voudrais vous dire en quelques mots comment j’ai entendu l’appel du Seigneur et j’y ai répondu, car souvent on se pose la question.
            Au cours d’une réunion de jeunes Cœurs-Vaillants et Ames-Vaillantes, à Bongor, la Sœur nous montrait des photos, des images de tous les pays dans le journal « KISITO ». C’était pour nous montrer qu’on pouvait se mette au service des autres. Sur une photo, il y avait des femmes habillées en blanc qui soignaient les malades. La sœur nous expliquait que ces femmes étaient des religieuses, elles ne se marient pas, elles ne mettent pas d’enfants au monde. Elles ont choisi de servir Dieu en soignant les malades, en enseignant les enfants, en était la sœur de tous.
            Après, je lui ai posé la question : « Est-ce possible que je devienne comme elles, pour soigner mes frères ? » Elle m’a répondu : « Oui, bien sûr ».
            C’est à partir de ce jour que j’ai senti l’appel de Dieu. Dieu s’est servi de ces photos pour m’appeler.
            Depuis ce jour, j’ai cheminé jusqu’ici. Mais pour en arriver là, ça n’a pas été toujours facile. J’ai rencontré des difficultés de toutes sortes.
            D’abord avec mes parents qui n’admettaient pas que je me fasse religieuse, car ils voulaient avoir de moi la dot et les enfants. Mon père étant mort, ma mère attendait de moi une aide matérielle, étant la dernière des filles, elle voulait me garder auprès d’elle.
            Difficultés avec mes frères africains qui, bien souvent, ne comprennent pas toujours notre vie religieuse. Ils disent que le Tchad est grand : donc il faut se marier et avoir beaucoup d’enfants pour le peupler. Ils disent encore que nous perdons notre temps au couvent (maison des sœurs) et ne croient pas à notre chasteté. Nos frères ne comprennent pas la nécessité de notre célibat dans la vie religieuse. D’autres nous demandent des vêtements, de l’argent, des livres, et quand nous leur disons que nous n’en avons pas pour leur donner, ils ne l’admettent pas et disent que nous sommes trop avares. Ils nous traitent comme des fonctionnaires qui gagnent beaucoup d’argent.
            Il y a aussi des difficultés du point de vue communautaire : nos façons à nous, africaines, de voir, d’agir et de faire ne sont pas toujours comprises par nos sœurs européennes, et inversement nous ne comprenons pas leurs manières de faire ; ce qui crée des tensions entre nous.
            Voici quelques difficultés que nous rencontrons et que j’ai moi-même rencontrées. Croyez-moi, cela n’est pas facile, mais malgré tout je ne me suis pas découragée totalement, car je me dis que dans n’importe quelle vie, je trouverai des difficultés sur d’autres plans.
            Dans toutes ces difficultés, je priais toujours la Vierge Marie, et je peux dire qu’elle m’a toujours soutenue jusqu’à présent. Quelques rares amis que j’ai rencontrés m’ont aidé à continuer, aussi bien dans ma communauté qu’au village.

            L’engagement définitif que je fais aujourd’hui ne veut pas dire que ces difficultés sont terminées, mais que j’accepte d’avance de dépasser toutes celles qui sont à venir ; et cela, je ne peux le faire seule, c’est pourquoi je demande l’aide de mes sœurs et frères pour être fidèle.

mardi 14 mars 2017

.africa, nom de domaine, une nouvelle qui passe inaperçue (par Pascal Djimoguinan)

            Le 10 mars 2017, à Addis abeba en Ethiopie (siège de l’UA), Un événement d’une importance majeure a eu lieu alors que beaucoup d’africains n’en savent rien. Lors d’une conférence, madame Nkosazana Dlamini-Zuma, a annoncé le lancement du domaine .africa ; cela signifie que désormais, le continent africain a une identité numérique.
            Ce site ne sera disponible qu’à partir du mois de juillet mais déjà, les africains qui aimeraient l’utiliser peuvent introduire une demande. Madame Zuma pense qu’avec ce nom domaine, les africains, notamment les entrepreneurs pourront être plus visibles sur internet.
            Selon la Banque mondiale, 22% de la population d’Afrique subsaharienne a accès à internet alors que la moyenne mondiale est de 44%. L’objectif de l’UA est d’augmenter ce taux de 10% dans le cadre d’un programme de développement.
            La bonne nouvelle est que grâce à ce domaine, il y aura une diminution des coûts des noms de domaine. Selon Jeune Afrique,   « Plus de la moitié des 2 millions de sites internet africains proviennent d’Afrique du Sud, l’économie numéro un du continent, estime Lucky Masisela, directeur de la société ZA Central Registry, qui sera chargée de gérer le nom de domaine « .africa ». ".africa va venir perturber le marché et permettra de diminuer le coût des noms de domaine », a assuré Masisela, notant qu’un nom de domaine « .africa » ne coûtera que 18 dollars (17 euros), alors que l’enregistrement d’un site sur un domaine national peut coûter jusqu’à 250 dollars dans certains pays Afrique.
            D’un autre côté, les revenus de ce lancement permettront à l’UA de financer la Commission de l’UA qui, jusque-là, dépend des donateurs internationaux qui contribue à l’ordre de 70% à son fonctionnement.
                          Il sera donc possible dans l’avenir d’avoir une adresse avec @yahoo.africa au lieu de @yahoo.fr ou @yahoo.com. C’est donc des lendemains numériques qui chantent qu’il s’agit. Il faut donc que cela soit possible dès le mois de juillet.
            Pour une fois que l’Afrique est visionnaire, il ne faut pas passer cela sous silence et que tous les africains contribuent au succès de cette entreprise louable.