mardi 9 septembre 2014

Afrique : pauvre Afrique face à ébola (par Pascal Djimoguinan)



            Un sommet de l’UA vient de se tenir à Addis-Abeba à propos de l’épidémie d’Ebola en Afrique. Enfin serions-nous tenter de le dire. Et c’est justement là que se trouve la question. L’épidémie a commencé en début de l’année en Guinée pour se répandre à d’autres pays africains et pourtant, c’est en ce début de septembre, après que l’épidémie ait fait près de 2300 morts que l’UA (l’Union Africaine) se réunit. Où se situe le mal ?
            L’Afrique est un continent d’hommes fiers et qui ont des raisons pour l’être. Ce sont des peuples qui ont connu une grande histoire avec de grands héros. Ils aspirent à un avenir non moins prestigieux et ils le méritent. Mais rien ne semble marcher. A qui la faute, dirait quelqu’un.
            L’Afrique a-t-elle les dirigeants qu’elle mérite ? Cette simple question pourrait peut-être susciter chez certaines personnes une simple réflexion. Pourquoi les dirigeants africains ont-ils tant tardé avant de se réunir pour voir les stratégies à mettre en place face à cette maladie ? On les a quand même connus plus rapides à se réunir à d’autres occasions, notamment lorsqu’il a fallu s’octroyer l’inhumunité contre la Cour pénale internationale. Les chefs d’Etat africains s’étaient réunis en un temps record pour se soustraire du glaive de la justice et se protéger mutuellement.
            Toute honte bue, le citoyen lambda a vu que c’était l’Occident et les organisations internationales qui se précipités à son chevet. Qu’il s’agisse de la recherche de sérum ou de vaccin contre Ebola, l’Afrique dépend totalement de l’Occident, pourtant cela fait déjà plusieurs décennies que cette épidémie revient à intervalle régulier. Il est étonnant que l’Afrique n’ait pas pensé à mettre en place une structure panafricaine de recherche contre ce virus.
            L’Union africaine s’est finalement réunie le lundi 8 septembre à Addis Abeba pour définir une stratégie à l’échelle du continent contre l’épidémie d’Ebola. Il a été conseillé lors de cette rencontre que les pays africains puissent lever toutes les restrictions aux voyages mises en place contre l’épidémie.
            Il faut espérer que nos hommes politiques pourront prendre l’habitude de réagir ensemble avec célérité pour faire face aux prochains problèmes qui se présenteront et qu’ils sauront montrer leur grand amour pour leurs peuples.



jeudi 4 septembre 2014

Afrique : impossible n'est pas africain (par Pascal Djimoguinan)



            Mercredi 4 septembre 2014, une nouvelle extraordinaire sur RFI (Radio France internationale) : « En Egypte, le Caire paralysé par une panne d’électricité. » Pour un scoop, c’en est vraiment un. Une panne d’électricité, vous avez dit panne d’électricité ? Etonnant n’est-ce pas ?
            Ce qui est étonnant, ce n’est pas la panne bien sûr ; c’est qu’on annonce une panne d’électricité ici en Afrique. La panne d’électricité est devenue le lot commun de presque toutes les villes africaines. On s’étonne plutôt d’avoir une journée sans panne d’électricité.
            En fait, les pannes d’électricité sont rares en Afrique. Ce qu’on connaît, c’est plutôt le délestage. Et le délestage peut survenir à tout moment. Lorsque l’on veut travailler et qu’on a besoin de l’électricité, il faut être prêt à tout moment car l’électricité peut venir à n’importe quel moment. Quelquefois, on peut n’avoir l’électricité que de 2h du matin jusqu’à 5h alors si on la rate, on ne sait pas à quand sera la prochaine session.
            Ce qui est étonnant, c’est que cela dure des années. Les politiques africaines ont démissionné dans le domaine de l’électricité. Pourtant, que de promesses ont été faites lors des campagnes électorales.
            Le monde moderne a besoin de l’électricité pour fonctionner, surtout dans les grandes villes ; or il se trouve que c’est le cadet des soucis de ceux qui nous gouvernent. Il devient donc impossible d'être au rendez-vous du numérique et du l’informatique.
            A Sarh (Sud du Tchad), il devient difficile de faire marcher la morgue. Il faut donc enterrer ses morts dans les heures qui suivent le décès.
            Un fait banal : A Sarh, il y a RFI sur FM (modulation de fréquence) mais avec une particularité qu’on ne trouve pas ailleurs. On ne peut capter les signaux de RFI que de 6h du matin à 15h et de 16h15 à 24h. En dehors de ces heures, il faut dormir.
            Et en Egypte, on s’étonne des pannes d’électricité. Cela signifie qu’il y a encore des endroits en Afrique où l’électricité marche bien.



mercredi 3 septembre 2014

Centrafrique : le bal des dupes (par Pascal Djimoguinan)



Il n’est un secret pour personne aussi bien en Centrafrique que pour tout observateur averti, pour peu qu’il ne consente à analyser la situation socio-politique Centrafrique. Tenir les élections en février 2015 est une pure utopie. Pourtant…
            Le président Hollande, en envoyant la force Sangaris dans une Centrafrique déchirée, voulait en même temps caresser l’opinion publique française dans le sens du poil. Il était bon ton d’affirmer que l’opération serait de courte durée et que les forces françaises, en compagnie des forces africaine allaient rapidement remettre de l’ordre dans le pays.
            Lorsque le président Djotodia a été demis et que Catherine Samba-Panza a pris place, la diplomatie française a crié sur tous les toits que la date limite pour les élections était février 2015.
            Ce qui est étonnant, c’est qu’il ne s’est trouvé aucune voix pour douter de cette opportunité. Tout le monde voyait que la violence ne baissait guère ; au contraire, on assistait à un regain périodique. La guéguerre entre ex séléka et antibalakas de toutes tendance entretenait cet état de fièvre.
            Dans leurs tanières, les leaders politiques, comme des lions, observaient les choses en évitant de se faire piéger. Chacun attendait son heure en attendant le moment propice pour élever la voix. Tous savaient qu’il fallait à un jour dénoncer l’impossibilité de tenir la date des élections ; ce serait le moment de faire monter les enchères.
            Finalement, le silence est rompu, après la démission du Nième gouvernement de la transition. Invité sur les antennes de RFI (Radio France internationale) le lundi 1er septembre, monsieur Dieudonné Kombo-Yaya, le président de l’Autorité nationale des élections (ANE) affirmait que la transition allait se prolonger car elles ne pourront pas se tenir en février 2015 comme prévues car elles ne pourront pas être organisées à temps. En effet les membres de l’ANE ont du mal à travailler car l’insécurité est grande partout dans le pays.
            La question à se poser est de savoir quand est-ce que la sécurité pourra revenir et que l’on pourra organiser les élections. Il ne faut pas être un génie pour savoir que c’est reparti pour la transition. L’année 2015 finira peut-être sans qu’on ne voit la fin de la transition.


vendredi 29 août 2014

Afrique, continent de l'impossible (par Pascal Djimoguinan)



            En Afrique, il n’est pas rare d’écouter des nouvelles incroyables. Il arrive qu’on cherche des confirmations ailleurs tellement les événements semblent sortir tout droit du rêve. Finalement, fictions et réalité se rencontrent toujours sur ce continent et on à toujours du mal à démêler la trame des choses.
            Ce Dimanche 24 août 2014, quelque chose d’inimaginable s’est passé en Afrique, à Djibouti. Le président Omar Guelleh venait de quitter l’aéroport ; les officiels qui venaient de l’accueillir étaient encore là. Un caporal en service près de la tour de contrôle s’avance. Il tire sur le colonel Idriss de la garde présidentielle, médecin personnel du président et le laisse gravement touché. Une deuxième rafale fauche deux autres personnes. Le caporal est finalement maîtrisé.
            Quel que soit la théorie que l’on pourrait avancer pour expliquer ce fait, cela constitue un précédent et il faut faire très attention car la prochaine fois, cela pourrait être le chef de l’Etat lui-même qui pourrait se retrouver au bout du canon. Comment se protéger quand le danger vient de ceux qui sont sensés vous protéger ? De la à dire qu’une psychose risque de se développer chez les hommes d’Etat en Afrique, le pas n’est pas loin. A qui faire désormais confiance ? Derrière chaque homme en treillis, même au sein de la garde présidentielle, peut se cacher un ennemi…
            Cet attentat ne va pas sans rappeler un autre qui a eu lieu, toujours ici en Afrique, dans un aéroport. Il s’agit de Niamey la capitale du Niger. Le 9 avril 1999, le président Ibrahim Baré Maïnassara est assassiné sur le tarmac de l’aéroport dans un coup d’Etat perpétré par les éléments de sa garde présidentielle.
            Faudrait-il pour autant supprimer les gardes présidentielles en Afrique ? Une chose est sûre ; ce sont des gouffres financiers et on ne voit guère leur utilité. On gagnerait au moins, en les supprimant, à faire des économies à l’Etat. En plus, si on s’engageait résolument dans le combat de la démocratie, les chefs d’Etat ne passeraient pas autant de temps à vouloir se protéger du peuple en se surarmant.
            En tout cas, les hommes politiques devraient davantage lire l’histoire et en tirer des leçons. C’est la seule façon d’avancer !



jeudi 28 août 2014

Ebola : le crépuscule des traditions séculaires en Afrique (par Pascal Djimoguinan)



            L’Afrique se trouve confrontée à un défi d’un genre nouveau. Pour sa survie, elle doit abandonner toute sa tradition basée sur sur l’hospitalité, le partage et le respect aux morts. Le coupable est Ebola.
            Ebola est déjà connue depuis quelques décennies en Afrique mais la dernière épidémie qui a commencé en début d’année en Guinée avant de gagner  le Libéria, la Sierra Leone, le Nigeria et enfin la République démocratique du Congo est certainement celle qui, par son ampleur et par sa virulence, risque d’être la plus catastrophique pour le continent (si on parvient à éviter qu’elle ne se propage à d’autres continents). Même l’OMS n’est pas très optimiste. Elle a donné des chiffres qui pourraient  faire peur aux plus durs : au moins 1427 personnes seraient décédées de cette maladie à l’heure actuelle : 624 au Libéria, 406 en Guinée, 392 en Sierra Leone et 5 au Nigeria. Jusque-là, 2615 personnes auraient été contaminées. Cela donne un pourcentage de mort assez grand, ce qui laisse très peu de chance à la survie.
            Pour le moment, ce que l’on sait est que c’est une maladie dont le taux de létalité peut atteindre 90% pendant les périodes de flambée. Cette maladie à virus se transmet à l’homme à partir des animaux sauvages avant de se propager dans les populations par transmission interhumaine. La propagation de la maladie se fait alors à la suite de contacts directs (peau lésée ou muqueuses) avec du sang, des sécrétions, des organes ou des liquides biologiques de personnes infectées, ou de contacts indirects par l’intermédiaire d’environnements contaminés par ce type de liquides. Les rites funéraires au cours desquels les parents et amis du défunt sont en contact direct avec la dépouille peuvent également jouer un rôle dans la transmission du virus Ebola. Le sperme peut continuer de transmettre le virus jusqu’à sept semaines après la guérison clinique.
                L’on sait désormais qu’il ne faut plus veiller les personnes contaminées, ni faire la toilette funéraires aux morts, éviter les veillées mortuaires, ne pas se saluer, réduire autant que possible du contact avec d’autres personnes.
            La communauté ne peut plus sauver ; elle devient un vecteur de la mort. L’individualisme commence à se montrer par la force des choses. Il est important de noter cela. On doit l’accepter ou mourir. Pour survivre, la communauté doit accepter  de sacrifier certaines de ses traditions.
            Mais pourrons-nous échapper à Ebola ? Saurions-nous nous adapter à la nouvelle situation ainsi créée ? Notre survie en dépend. Acceptons les règles afin que nos communautés puissent perdurer