jeudi 28 août 2014

Ebola : le crépuscule des traditions séculaires en Afrique (par Pascal Djimoguinan)



            L’Afrique se trouve confrontée à un défi d’un genre nouveau. Pour sa survie, elle doit abandonner toute sa tradition basée sur sur l’hospitalité, le partage et le respect aux morts. Le coupable est Ebola.
            Ebola est déjà connue depuis quelques décennies en Afrique mais la dernière épidémie qui a commencé en début d’année en Guinée avant de gagner  le Libéria, la Sierra Leone, le Nigeria et enfin la République démocratique du Congo est certainement celle qui, par son ampleur et par sa virulence, risque d’être la plus catastrophique pour le continent (si on parvient à éviter qu’elle ne se propage à d’autres continents). Même l’OMS n’est pas très optimiste. Elle a donné des chiffres qui pourraient  faire peur aux plus durs : au moins 1427 personnes seraient décédées de cette maladie à l’heure actuelle : 624 au Libéria, 406 en Guinée, 392 en Sierra Leone et 5 au Nigeria. Jusque-là, 2615 personnes auraient été contaminées. Cela donne un pourcentage de mort assez grand, ce qui laisse très peu de chance à la survie.
            Pour le moment, ce que l’on sait est que c’est une maladie dont le taux de létalité peut atteindre 90% pendant les périodes de flambée. Cette maladie à virus se transmet à l’homme à partir des animaux sauvages avant de se propager dans les populations par transmission interhumaine. La propagation de la maladie se fait alors à la suite de contacts directs (peau lésée ou muqueuses) avec du sang, des sécrétions, des organes ou des liquides biologiques de personnes infectées, ou de contacts indirects par l’intermédiaire d’environnements contaminés par ce type de liquides. Les rites funéraires au cours desquels les parents et amis du défunt sont en contact direct avec la dépouille peuvent également jouer un rôle dans la transmission du virus Ebola. Le sperme peut continuer de transmettre le virus jusqu’à sept semaines après la guérison clinique.
                L’on sait désormais qu’il ne faut plus veiller les personnes contaminées, ni faire la toilette funéraires aux morts, éviter les veillées mortuaires, ne pas se saluer, réduire autant que possible du contact avec d’autres personnes.
            La communauté ne peut plus sauver ; elle devient un vecteur de la mort. L’individualisme commence à se montrer par la force des choses. Il est important de noter cela. On doit l’accepter ou mourir. Pour survivre, la communauté doit accepter  de sacrifier certaines de ses traditions.
            Mais pourrons-nous échapper à Ebola ? Saurions-nous nous adapter à la nouvelle situation ainsi créée ? Notre survie en dépend. Acceptons les règles afin que nos communautés puissent perdurer

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