S’il m’était demandé de parler aux hommes politiques tchadiens aujourd’hui, voilà ce que je leur dirais :
Ne savez-vous pas que toute la
politique tchadienne est polluée par la détention de Masra Succès ?
Montrez-moi un seul avantage
que le Tchad tire de cette détention. Il ne me souvient pas que cela ait fait
partie du programme du candidat président lors de la campagne présidentielle,
alors d’où cela sort-il ?
Lorsque nous étions petits,
dans nos groupes, il y avait ce que nous avions l’habitude d’appeler « Kaouffage ».
Arrêtons-nous un instant sur ce concept typiquement N’Djamenois :
Le mot « Kaouffage »
a été forgé à partir du mot « Khof » en arabe dialectal tchadien qui
veut dire la peur. En français, très souvent le « age » s’ajoute au
verbe pour désigner une action ou son résultat. Ainsi, le mot « Kaouffage »
désigne l’action de faire peur, souvent en vue d’obtenir quelque chose.
Le Kaouffage se fait souvent
dans un groupe afin de garder le leadership. Il est aussi exercé entre les groupes,
dans ce qu’on appelait autrefois, au temps de la « guerre froide » un
équilibre de terreur.
Il ressort de tout cela que le
Kaouffage est l’apanage des chefs de gangs, les « gary » du marché.
Cet excursus était dans le but
de dire que l’interpellation et la garde en détention de Masra Succès est un
Kaouffage de l’Etat.
Il faut dire tout de suite que
l’intérêt de ce Kaouffage d’Etat est nul. Non seulement seule ne nuit pas à la
réputation de Masra, mais cela fait de lui un martyr tout en rendant tout
message du gouvernement inaudible.
Il est temps de revenir à la
vraie politique et de travailler pour le bien de la population. Il faudra que
ceux qui sont au pouvoir, après avoir perdu inutilement du temps dans des incantations
magiques commencent à mettre en pratique les promesses de la campagne
présidentielle pour le bien de la population.
Quant à Marsra Succès, laissez
le tranquille. Que chacun fasse sa propre politique. Le peuple tchadien reconnaîtra
les siens.

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