lundi 8 juillet 2013

N’Djamena, le phénomène des "avoirs" (par Pascal Djimoguinan)


            Il y a dans la ville de N’Djamena un phénomène nouveau qui est en train de s’amplifier. Dans les bars et les buvettes, il n’y a jamais la monnaie. Tout acheteur se voit remettre à la place de sa monnaie des bouts de papiers appelés des « avoirs » équivalent au reliquat qu’on devait lui doit. La question est de savoir s’il s’agit d’un phénomène créé  exprès pour obliger les clients à dépenser d’avantage.

            Il est peut-être normal de créer une monnaie parallèle lorsque l’on se situe au sein d’un univers donné. Ainsi dans des casinos, il est de coutume de changer de l’argent contre des jetons que l’on peut utiliser. Mais lorsqu’il s’agit de clients de passage dans les bars et dans les buvettes, il faudrait se poser des questions sur la légalité de ce système « d’avoirs ».

            Y a-t-il dans la ville de N’Djamena une pénurie de monnaies ou de petits billets ? Pourquoi cela se généralise un peu partout qu’après avoir acheter de la bière ou des bouteilles de fanta ou de coca cola, on ne puisse pas avoir son reliquat ?

            Selon certaines personnes, il s’agirait d’un moyen subtil qu’aurait trouvé les gérants des débits de boissons pour obliger les clients à dépenser plus qu’ils ne le voudraient. Si cela se vérifiait, ce serait une forme de malhonnêteté qui serait en train de se mettre en place sans que les gens ne réagissent.

            Chaque personne a le droit de gérer son argent comme il le veut. Or avec ce phénomène, les gens se font pratiquement arnaquer dans les bars et les buvettes. Tous ceux qui après avoir acheté de la bière et des bouteilles de soda, s’ils ne peuvent attendre plus longtemps à cause du manque de reliquat, sont obligés d’offrir de la boisson à d’autres pour solder les comptes.

            L’histoire ne nous dit pas quelle est la durée de la validité des avoirs, c’est-à-dire des bouts de papiers remis aux clients. Il faut se demander ce qui se passerait si chaque client produisait son bout de papier pour acheter les produits dans un débit de boisson.

            La société des consommateurs devrait réfléchir plus profondément sur ces problèmes afin d’éviter des désagréments aux consommateurs car si ce phénomène perdure, on risquera de la retrouver dans tous les magasins. Peut-être que même les banques finiront par payer leurs clients avec des avoirs. Mon espoir est que ce jour n’arrive jamais !

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