lundi 14 décembre 2015

Tchad : climat social délétère ? (par Pascal Djimoguinan)

            Selon le Larousse, délétère, c’est ce qui attaque à la santé, la vie. L’oxyde de carbone est délétère. Fig. Capable de corrompre. Il est facile de comprendre cela alors que tous sont encore sous l’effet du tapage médiatique autour du Cop21. En ce qui concerne le climat social au Tchad, il s’agit principalement des retards de salaire qui rendent la situation malsaine.
            Il commence malheureusement à entrer dans les habitudes que les salaires des fonctionnaires arrivent en retard. A chaque fois, les syndicats des enseignants se met en grève pour forcer la main au gouvernement. Rien ne nous dit que la situation va s’améliorer. Cela signifie donc qu’à la fin de chaque mois, il y aura des débrayages dans les établissements scolaires.
            Il va sans dire que les grands perdants seront les élèves. Il ne faudra donc pas s’étonner que les résultats des examens soient mauvais. Malheureusement dans l’analyse habituelle des résultats, on dira une fois de plus que la baisse des niveaux est due à la paresse des élèves. On oubliera que cela est le résultat de la lutte des grands. Quand les éléphants se battent, c’est l’herbe qui en pâtit.  
            Il est dommage que l’on se contente toujours de solutions conjoncturelles, quitte à recommencer à la fin de chaque mois. Il faut éviter que les élèves deviennent des otages. Comment trouver pour une fois une solution structurelle ? Les syndicats devraient y réfléchir avec les représentants du gouvernement. Faire du mal aux élèves d’aujourd’hui, c’est hypothéquer l’avenir.
            Ce qui se passe actuellement sur le plan social n’est sans doute qu’un prélude de ce qui se passera en 2016. Ce sera sans doute l’année de tous les dangers. Les élections qui approchent donneront certainement lieu à toutes les manipulations.
            Il faudra, en aucun cas utiliser les élèves comme des cobayes. Qu’il s’agisse du gouvernement que des syndicats, il faudra que dans les négociations qui auront lieu, l’intérêt de la jeunesse prime. Une génération sacrifiée, c’est tout un pays qui rate la coche.


            Cela est d’autant plus étonnant que tous ceux qui négocient, d’un côté comme de l’autre sont des parents.

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