« Le Président
Trump pense comme un homme d’affaires et se comporte comme un homme d’affaires.
Au travers de l’attaque contre la base (aérienne NDT) syrienne, il gagne
également l’appui de secteurs influents du pouvoir américain qui pouvaient lui
être contraire, alors qu’à l’étranger, il rassure la Turquie, l’Arabie Saoudite
et les pays du Golfe ». S.Exc. Mgr Jacques Behnan Hindo, Archevêque syro
catholique d’Hassakè-Nisibi s’en déclare convaincu. Selon lui, l’attaque
américaine « était déjà prévue. C’est pourquoi ils n’ont voulu prendre en
aucune considération les demandes d’enquête plus approfondie concernant les
responsabilités des victimes de l’empoisonnement à l’arme chimique intervenu en
province d’Idlib. S’agissant des « preuves irréfutables » dont la CIA
disposerait concernant la responsabilité de l’armée syrienne, elles font penser
à celles que Colin Powell montra à l’ ONU pour justifier l’intervention en
Irak. Dans tous les cas, Mgr Hindo ne croit pas que la nouvelle phase de
tension pourra porter à un affrontement direct entre les puissances mondiales
sur le territoire syrien. « Les russes – fait remarquer l’Archevêque dans le
cadre d’un entretien accordé à l’Agence Fides – ont voulu faire savoir que, sur
un total de 59 missiles lancés par les destroyers américains, pas même la
moitié n’a atteint un quelconque objectif. Cela me fait penser que les autres
pourraient avoir été interceptés par les instruments de lutte anti-missiles
russes. Dans tous les cas, depuis des années en Syrie, les puissances se
livrent à une guerre par procuration mais je ne crois pas au passage à un
affrontement direct entre les Etats-Unis et la Russie en Syrie. Ils
rechercheront un compromis parce que pas même les Etats-Unis ne veulent qu’en
Syrie ne se crée un Etat aux mains des islamistes de Jabhat al Nusra. Ils
préfèrent stabiliser la situation puis, à moyen long terme, penser à l’après
Assad ». (GV) (Agence Fides 08/04/2017)
lundi 10 avril 2017
jeudi 6 avril 2017
LU POUR VOUS/RCA - Attaques contre les missions catholiques de Ngaoundaye et intervention résolutive des Casques bleus
Deux
missions catholiques ont été attaquées à Ngaoundaye, petite localité de
l’extrême nord-ouest de la République centrafricaine.
«
Les nouvelles dont nous disposons sont encore fragmentaires – déclare le Père
Aurelio Gazzera, missionnaire carme à Bozoum. Ce qu’il est donné de savoir est
que le 4 avril, un groupe de rebelles de l’ancienne Seleka est entré dans le
village, saccageant les habitations privées et les deux missions de la zone,
celle des Pères Capucins et celle des religieuses polonaises des Sœurs de la
Charité de Sainte Jeanne Antide Thouret. Il semble que ces violences aient fait
au moins quatre morts. Grâce à l’intervention de la MINUSCA (Mission de l’ONU
en Centrafrique), les miliciens se sont retirés ».
Le
Père Gazzera a recueilli le témoignage d’un certain nombre de religieuses
congolaises de la Congrégation des Filles de Notre-Dame de la Miséricorde de
Savone, qui ont été brièvement prises en otage par les bandits. « Certaines
religieuses de notre mission qui se rendaient à la frontière en minibus ont
trouvé la route barrée par une trentaine d’hommes armés, qui les ont
contraintes à les suivre alors qu’ils entraient dans le village de Ngaoundaye,
un petit village qui se trouve à la frontière entre la République centrafricaine,
le Tchad et le Cameroun, dans l’extrême nord-ouest du pays ».
« De là, nous pouvons déduire que le plan de la bande, constituée d’anciens de la coalition Seleka provenant de Paoua, consistait à saccager les pauvres biens de la population locale puis à chercher à tenir la zone avec son poste de douane, de manière à extorquer les commerçants. Au-delà de la frontière, au Cameroun, se trouve un important marché et la zone est par suite traversée par des marchandises en entrée et en sortie » souligne le missionnaire.
« De là, nous pouvons déduire que le plan de la bande, constituée d’anciens de la coalition Seleka provenant de Paoua, consistait à saccager les pauvres biens de la population locale puis à chercher à tenir la zone avec son poste de douane, de manière à extorquer les commerçants. Au-delà de la frontière, au Cameroun, se trouve un important marché et la zone est par suite traversée par des marchandises en entrée et en sortie » souligne le missionnaire.
«
Les religieuses m’ont déclaré que les bandits étaient bien armés mais qu’ils ne
les ont pas molestées. Leur comportement donne l’idée d’une tentative visant à
tâter le terrain pour voir quelles sont les réactions à la conquête de leur
part de cet important poste de frontière ».
Le Père Gazzera souligne que, « tant que ne seront pas déployées des contingents consistants de Casques bleus de la MINUSCA et de militaires de l’armée régulière, la zone de la frontière du nord-est restera entre les mains de différents groupes armés issus des anciens Seleka et de leurs rivaux anti-balakas ». (L.M.) (Agence Fides 06/04/2017)
Le Père Gazzera souligne que, « tant que ne seront pas déployées des contingents consistants de Casques bleus de la MINUSCA et de militaires de l’armée régulière, la zone de la frontière du nord-est restera entre les mains de différents groupes armés issus des anciens Seleka et de leurs rivaux anti-balakas ». (L.M.) (Agence Fides 06/04/2017)
vendredi 31 mars 2017
Souviens-toi (par Pascal Djimoguinan)
Quand tu navigues sur les
mers de la vie
Balloté par les vagues de la
jeunesse
Le cœur brûlant de fièvre et
la tête pleine,
Souviens-toi.
Quand tu avances au gré des
vents
Ivre de vie et d’amour
Quand la bouche ouverte, tu
aspires l’air à pleins poumons
Souviens-toi.
Des nuages s’annoncent, la
tempête se prépare,
Les éléments vont entrer en
furie
Et l’immensité de cette mer
qui te fascinait te sera hostile
Mais toi, souviens-toi.
Souviens-toi pendant tes
moments de lucidité,
Quand le vent ne souffle pas
et que tes voiles pendent
Quand tu n’es pas tourné
vers d’autres horizons
Souvient-toi que tu es
un hommesamedi 18 mars 2017
Monseigneur Jean-Claude Bouchard, 40 ans déjà
(Il
y a 40 ans, le 1er mai 1977, c’était l’ordination épiscopale de
monseigneur Jean-Claude Bouchard comme évêque de Pala. Nous revenons sur la
cérémonie grâce à un article de la revue « Chrétiens au Tchad aujourd’hui »,
n° 15, août-septembre 1977. L’article était de l’abbé Yves Jausions)
Le 1er mai 1977 était un jour de joie pour
tous les chrétiens des communautés du Mayo-Kebbi. En effet, c’était l’ordination
épiscopale de Monseigneur Jean-Claude Bouchard, évêque de Pala.
En juin 1975, Monseigneur DUPONT donnait sa démission.
Depuis près de deux ans, le diocèse était administré par le Père Sergent. Après
cette longue attente, on comprend la joie de tous les chrétiens du Moyo-Kebbi.
Monseigneur Jean-Claude BOUCHARD est né le 29 septembre
1940 au Québec (Canada) d’une famille de cultivateur : il est le second d’une
famille de sept enfants, il a trois frères et trois sœurs.
Après être entré chez les Oblats de Marie-Immaculée, il
est venu au Tchad à Moulkou, de 1963 à 1965, comme directeur de l’école.
Ensuite, il est allé à Rome préparer sa licence de philosophie et de théologie.
Ordonné prêtre le 30 août 1969, il revient à Guélendeng où il apprend le massa.
Enfin, le 26 février, le Pape Paul VI le choisit comme évêque de Pala.
En ce 1er mai, les chrétiens sont venus de
tout le diocèse, ils se groupent par ethnie près de la cathédrale. Il y a là
Mgr Dalmais, archevêque de N’Djamena, Mgr Belzile et Mgr Gaumain de Moundou,
Mgr Véniat de Sarh, Mgr Dupont, l’ancien évêque de Pala. Sont venus également
Mgr Charpenet, de Yagoua, Mgr de Bernon de Maroua, et Mgr Pasquier de Garoua ;
enfin Monseigneur N’DAYEN, archevêque de Bangui, accompagné du Délégué
apostolique et des évêques de Bosangoa et de Pointe Noire.
On commence par présenter le nouvel évêque et on lit la
lettre de Paul VI nommant Monseigneur Jean-Claude BOUCHARD, pasteur de toutes
les communautés du diocèse. Ensuite les différentes communautés du Mayo-Kebbi
sont appelées à donner leur témoignage.
Après que chaque ethnie se soit présentée commence la
liturgie de la Parole. Les différents groupes de langues se dispersent sous les
arbres. Pour les francophones, c’est Mgr Gaumain, ancien évêque de Moundou,
redevenu le Père Samuel, qui donne l’homélie :
« Dieu n’est pas partial, puisqu’il est le Sauveur
de tous les hommes, comme nous le montre le livre des Actes, où Pierre baptise
le centurion Corneille. Après sa résurrection, Jésus donne à Pierre le soin de
guider le peuple des croyants. Quant aux Apôtres, ils ne laissent pas Pierre
aller seul à la pêche : « Nous y allons avec toi ; Nous avons
tous à proclamer l’amour du Père et la fraternité des hommes ».
Alors c’est la consécration épiscopale. Mgr N’DAYEN
encourage son jeune frère : « La tâche sera lourde, mais vous aurez
la joie de travailler à la suite de Pierre ». Puis, c’est l’interrogation « Voulez-vous
annoncer la Bonne Nouvelle de l’Amour de Dieu ? Oui, je le veux ».
Après avoir invoqué les Saints, Mgr N’DAYEN, le
consécrateur principal, impose les mains sur la tête de l’élu, signe
traditionnel du don de l’Esprit Saint, source de tout ministère ; il pose
encore l’Evangile sur la tête du nouvel évêque en demandant Dieu de lui donner
son Esprit. Puis le nouvel évêque reçoit l’anneau, la mitre et la crosse ou
bâton du berger et s’asseoit au fauteuil. Tous les évêques et ses amis viennent
l’embrasser et le féliciter. Pendant le sacrifice, la foule des chrétiens prie
pour le nouvel évêque et chaque groupe ethnique dit sa joie par des chants.
A la fin de la messe, Mgr Jean-Claude BOUCHARD remercie
tous ceux qui sont là. Il s’adresse en particulier aux autorités tchadiennes
présentes pour leur dire au nom du personnel missionnaire son profond respect
et son grand désir de servir le pays et de collaborer au progrès réel du Tchad.
La parole de Dieu rassemble tous les hommes dans la fraternité sans distinction
de races ; elle enseigne que tous les hommes sont enfants de Dieu et donne
à tout homme, même le plus petit, la possibilité de se développer ; il
nous purifie de notre mal.
Il remercie Mgr DUPONT, qui, après le Père JOUNAUX, Préfet
Apostolique, a favorisé dans la liberté le travail des équipes. Il remercie
aussi le Père SERGENT qui a assuré l’intérim. Enfin, il remercie le Seigneur. « Mais
là, les mots ne peuvent exprimer ce que nous avons dans le cœur.
Il nous reste à nous, les chrétiens du Tchad, le devoir
de prier pour le nouvel évêque. Nous pouvons le faire en nous servant de la
belle prière dite au moment de l’ordination :
« Seigneur notre Dieu, Toi qui es notre Guide et le
Pasteur de tous les fidèles, regarde avec bonté ton serviteur Jean-Claude.
Accorde-lui de se dévouer par la parole et par l’exemple à ceux dont il a reçu
la charge pour entrer dans la vie éternelle avec le troupeau que tu lui as
confié ».
vendredi 17 mars 2017
Il y a 43 ans, témoignage de sœur Tinodji (par Sr Cécile Tinodji Nelembay)
(Il y a 43 ans, le 19 octobre 1974,
la sœur Cécile Tinodji Nelembay prononçait ses vœux perpétuels dans la
congrégation des sœurs Notre Dame des apôtres dans la cathédrale de Sarh. Elle a
pris la parole au cours de la cérémonie. Nous donnons ici l’intégralité de son
intervention afin que les jeunes puissent en prendre connaissance. Nous le
tirons de la revue « Chrétiens au
Tchad aujourdhui », n°5, premier trimestre 1975, pp 3-4. Cela est tiré
d’un article de Souk Allag Ouaina.)
Mes chers frères, sœurs et amis,
Je vous remercie d’être venus
nombreux aujourd’hui pour prier avec moi et partager ma joie. Ce jour pour moi
a été vraiment attendu.
Je voudrais vous dire en quelques
mots comment j’ai entendu l’appel du Seigneur et j’y ai répondu, car souvent on
se pose la question.
Au cours d’une réunion de jeunes Cœurs-Vaillants
et Ames-Vaillantes, à Bongor, la Sœur nous montrait des photos, des images de
tous les pays dans le journal « KISITO ».
C’était pour nous montrer qu’on pouvait se mette au service des autres. Sur une
photo, il y avait des femmes habillées en blanc qui soignaient les malades. La sœur
nous expliquait que ces femmes étaient des religieuses, elles ne se marient
pas, elles ne mettent pas d’enfants au monde. Elles ont choisi de servir Dieu
en soignant les malades, en enseignant les enfants, en était la sœur de tous.
Après, je lui ai posé la question :
« Est-ce possible que je devienne comme elles, pour soigner mes frères ? »
Elle m’a répondu : « Oui, bien sûr ».
C’est à partir de ce jour que j’ai
senti l’appel de Dieu. Dieu s’est servi de ces photos pour m’appeler.
Depuis ce jour, j’ai cheminé jusqu’ici.
Mais pour en arriver là, ça n’a pas été toujours facile. J’ai rencontré des
difficultés de toutes sortes.
D’abord avec mes parents qui n’admettaient
pas que je me fasse religieuse, car ils voulaient avoir de moi la dot et les
enfants. Mon père étant mort, ma mère attendait de moi une aide matérielle,
étant la dernière des filles, elle voulait me garder auprès d’elle.
Difficultés avec mes frères
africains qui, bien souvent, ne comprennent pas toujours notre vie religieuse.
Ils disent que le Tchad est grand : donc il faut se marier et avoir
beaucoup d’enfants pour le peupler. Ils disent encore que nous perdons notre
temps au couvent (maison des sœurs) et ne croient pas à notre chasteté. Nos
frères ne comprennent pas la nécessité de notre célibat dans la vie religieuse.
D’autres nous demandent des vêtements, de l’argent, des livres, et quand nous
leur disons que nous n’en avons pas pour leur donner, ils ne l’admettent pas et
disent que nous sommes trop avares. Ils nous traitent comme des fonctionnaires
qui gagnent beaucoup d’argent.
Il y a aussi des difficultés du
point de vue communautaire : nos façons à nous, africaines, de voir, d’agir
et de faire ne sont pas toujours comprises par nos sœurs européennes, et
inversement nous ne comprenons pas leurs manières de faire ; ce qui crée
des tensions entre nous.
Voici quelques difficultés que nous
rencontrons et que j’ai moi-même rencontrées. Croyez-moi, cela n’est pas
facile, mais malgré tout je ne me suis pas découragée totalement, car je me dis
que dans n’importe quelle vie, je trouverai des difficultés sur d’autres plans.
Dans toutes ces difficultés, je
priais toujours la Vierge Marie, et je peux dire qu’elle m’a toujours soutenue
jusqu’à présent. Quelques rares amis que j’ai rencontrés m’ont aidé à
continuer, aussi bien dans ma communauté qu’au village.
L’engagement définitif que je fais
aujourd’hui ne veut pas dire que ces difficultés sont terminées, mais que j’accepte
d’avance de dépasser toutes celles qui sont à venir ; et cela, je ne peux
le faire seule, c’est pourquoi je demande l’aide de mes sœurs et frères pour
être fidèle.
mardi 14 mars 2017
.africa, nom de domaine, une nouvelle qui passe inaperçue (par Pascal Djimoguinan)
Le 10 mars 2017, à Addis abeba en Ethiopie (siège de l’UA),
Un événement d’une importance majeure a eu lieu alors que beaucoup d’africains
n’en savent rien. Lors d’une conférence, madame Nkosazana Dlamini-Zuma, a annoncé le
lancement du domaine .africa ; cela signifie que désormais, le continent
africain a une identité numérique.
Ce site ne sera disponible qu’à partir du mois de juillet
mais déjà, les africains qui aimeraient l’utiliser peuvent introduire une demande.
Madame Zuma pense qu’avec ce nom domaine, les africains, notamment les
entrepreneurs pourront être plus visibles sur internet.
Selon la Banque mondiale, 22% de la population d’Afrique
subsaharienne a accès à internet alors que la moyenne mondiale est de 44%. L’objectif
de l’UA est d’augmenter ce taux de 10% dans le cadre d’un programme de
développement.
La bonne nouvelle est que grâce à ce
domaine, il y aura une diminution des coûts des noms de domaine. Selon Jeune
Afrique, « Plus de la moitié des 2 millions de sites internet
africains proviennent d’Afrique du Sud, l’économie numéro un du continent,
estime Lucky Masisela, directeur de la société ZA Central Registry, qui sera
chargée de gérer le nom de domaine « .africa ». ".africa va venir perturber le marché et permettra de diminuer le coût
des noms de domaine », a assuré Masisela, notant qu’un nom de domaine
« .africa » ne coûtera que 18 dollars (17 euros), alors que
l’enregistrement d’un site sur un domaine national peut coûter jusqu’à 250
dollars dans certains pays Afrique.
D’un autre
côté, les revenus de ce lancement permettront à l’UA de financer la Commission
de l’UA qui, jusque-là, dépend des donateurs internationaux qui contribue à l’ordre
de 70% à son fonctionnement.
Il sera donc possible dans l’avenir d’avoir une adresse avec @yahoo.africa au lieu de @yahoo.fr ou @yahoo.com. C’est donc des lendemains numériques qui chantent qu’il s’agit. Il faut donc que cela soit possible dès le mois de juillet.
Il sera donc possible dans l’avenir d’avoir une adresse avec @yahoo.africa au lieu de @yahoo.fr ou @yahoo.com. C’est donc des lendemains numériques qui chantent qu’il s’agit. Il faut donc que cela soit possible dès le mois de juillet.
jeudi 2 mars 2017
LU POUR VOUS/RCA : Des intérêts économiques « d’hommes forts » derrière les attaques des bergers peuls ?
La
situation à Bocaranga, à 120 Km de Bozoum, dans le nord-ouest de la République
centrafricaine, demeure très tendue après l’attaque perpétrée le 2 février par
des groupes armés de bergers peuls. « Il m’a été dit qu’hier, la population
s’est enfuie parce qu’elle craignait une nouvelle attaque des peuls » déclare à
l’Agence Fides le Père Aurelio Gazzera, religieux carme et Curé à Bozoum. « La
semaine dernière, S.Em. le Cardinal Dieudonné Nzapalainga, Archevêque de
Bangui, est venu en visite ici, à Bozoum, d’où nous l’avons accompagné à
Bocaranga pour rencontrer la population locale qui est fortement éprouvée par
la tension » indique le missionnaire.
Les
Peuls sont des bergers itinérants qui, dans leurs migrations, se sont heurtés,
à diverses reprises, avec les populations sédentaires. Le phénomène a cependant
pris un tour préoccupant au cours de ces dernières années, et ce non seulement
en Centrafrique mais également dans d’autres pays, tels que le Nigeria, où ils
sont connus sous le nom de Fulanis « Dans le cas de la Centrafrique – explique
le Père Gazzera – on ne sait pas bien d’où proviennent les peuls. Certains sont
centrafricains, d’autres proviennent du Tchad, d’autres encore du Niger, du
Nigeria et du Cameroun ».
« La
zone de Bocaranga, où l’herbe pousse toute l’année, est depuis des décennies
une zone d’élevage, une activité économique dans laquelle ont investi des
officiers généraux et des hommes politiques, non seulement centrafricains mais
surtout tchadiens et camerounais. Il existe par suite de forts intérêts à faire
en sorte que cette zone soit habitée surtout par les peuls, plutôt que par les
agriculteurs. Nous parlons ici de personnes qui ont effectué des
investissements économiques importants, de l’ordre de 10 à 20.000 têtes de
cheptel. Il s’agit d’un phénomène que nous avons déjà rencontré à compter de
2013, lorsque nous avons vu arriver des troupeaux immenses provenant du nord,
probablement du Tchad et du Cameroun » déclare le missionnaire.
« La
question de la transhumance constitue un facteur important dans différentes
zones d’Afrique mais est souvent négligée dans l’analyse des tensions
provoquées. Dans le cas de Bocaranga, nous craignons que la situation ne
demeure difficile encore pendant longtemps » conclut le missionnaire. (L.M.)
(Agence Fides 02/03/2017)
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