mercredi 18 novembre 2015

Atmosphère (Eloi LECLERC)

« Si tu es pur, le cobra pourra te mordre, tu n’auras pas la fièvre. Mais comment le cobra pourrait-t-il te mordre si tu es pur ? ». Ainsi parle le sage Ramdranath.
            Le cobra, dans la pensée du sage, c’est la mauvaise agressivité qui sommeille en chacun de nous, dans les replis de l’inconscient, et qui, soudain, dresse sa tête renflée et sifflante, attaque et mord, déchirant l’unité. C’est la colère de l’homme dont il est écrit au Livre de vie qu’elle ne produit pas la justice de Dieu.
            Tel se trouble et s’emporte devant la faute de son frère. Le cobra l’a mordu. Il se croyait pur. Il ignorait seulement ce qui le menait. La source profonde de l’agir était secrètement empoisonnée. Est-ce que les eaux du torrent qui tombe des neiges se troublent ? Elles gardent jusque dans leur bouillonnement l’éclat des cimes.
            Il y a un lien secret entre la pureté du cœur et la douceur, entre la clarté des profondeurs et la sérénité, entre la sainteté et la grande forme de la bonté.
            Et peut-être la pureté n’est-elle rien d’autre, au fond, que la transparence de l’être à la Bonté originelle.
            Un homme, en tout cas, l’a cru. C’était un sage, lui aussi, bien qu’il se souciât peu de le paraître. Il vit la pureté et la tendresse se tenir la main, et toutes deux former le visage de Dieu.

(Eloi LECLERC, Exil et tendresse, Editions franciscaines, 1983, pp. 5-6.

mercredi 11 novembre 2015

Lu pour vous/AFRIQUE/SOUDAN - Maladie létale non identifiée dans le nord du Darfour

Al-Fashir (Agence Fides) – Plusieurs enfants résidant dans les camps de réfugiés de la localité de Saraf Umra, au Nord Darfour, continuent à mourir suite à une maladie non encore identifiée qui s’est propagée parmi la population voici environ deux mois. En une seule semaine, dans les camps de Dankoj et Jebel, 10 personnes en sont mortes dont 7 enfants. Selon des sources locales, parvenues à Fides, les symptômes de la maladie comportent des gonflements sur le corps, une forte fièvre, de la diarrhée, des vomissements et des douleurs articulaires. Les cas enregistrés à l’hôpital de Saraf Umra sont nombreux mais il n’existe pas de statistiques sur le nombre des morts provoqués par la pathologie dans l’ensemble de la localité.
Dans une déclaration à Radio Dabanga, le coordinateur des camps de réfugiés a critiqué les médecins de l’hôpital pour ne pas avoir identifié ou notifié la maladie au Ministère de la Santé local, sollicitant l’envoi de personnel médical pour diagnostiquer les contaminations et fournir des médicaments. Déjà, voici un mois, une épidémie d’une maladie inconnue et un manque de médicaments avaient été signalés. En outre, au mois de septembre, après les pluies torrentielles, des stagnations d’eaux et la prolifération des moustiques avaient provoqué la mort de plusieurs personnes dont des enfants. La maladie est apparue pour la première fois à Jayeen Thilo et à Subyan Khavo, à l’ouest de la ville de Saraf Umra, ainsi que dans les villages de Melessa et Numera, à l’est de cette même ville. (AP) (Agence Fides 11/11/2015)

vendredi 6 novembre 2015

René Girard : La mort du bouc émissaire (par Pascal Djimoguinan)

            Il s’en est allé, ce penseur de l’extrême. Il a tiré sa révérence le 4 novembre 2015, après 91 années dans cette vallée de larmes. Il est de bon ton de rendre hommage à ce grand intellectuel, René Girard (René Noël Théophile Girard) qui a voulu revisiter la littérature à nouveaux frais pour émettre des thèses qui expliquent la société des hommes.
            Il a vu le jour le 25 décembre à Avignon en France et à fini ses jours à Stanford en Californie aux Etats-Unis où il a enseigné toute sa vie.
            René Girard, dans ses interrogations, a trouvé que dans les grandes œuvres crées par les grands écrivains, il y a une sorte de mécanisme de rapports dont il dégagera et formulera le fondement dans le caractère mimétique du désir. Il le développera dans son premier livre : Mensonge romantique et vérité romanesque. Pour lui, tout désir est l’imitation du désir d’un autre. Il dira que « Tout désir est désir d’être. »
            A partir du mimétisme, René Girard en viendra à s’interroger sur la violence. Ici, verra jour sa deuxième hypothèse : Le mécanisme victimaire ou mécanisme de la victime émissaire. Ce mécanisme serait donc à l’origine du religieux archaïque. Il le développera dans son livre La violence et le sacré. Si deux individus désire la même chose, il y aura bientôt un troisième, puis un quatrième… L’objet finira par être oublié mais les rivalités mimétiques se propageront ; le conflit mimétique se transformera en antagonisme généralisé. Il y a là un danger pour le groupe qui risque d’imploser car on arrivera à la situation que Hobbes appelle le tous contre tous.
            La résolution sera trouvée dans le sacré. Le tous contre tous va se transformer en tous contre un pour éviter la destruction du groupe. L’élimination de la victime (arbitraire) fera retomber la violence en chacun. Le groupe se retrouvera hébété et apaisé. La victime, gisant devant le groupe apparaîtra comme responsable de la crise et l’auteur de ce miracle de la paix retrouvée. Elle devient sacrée.
œuvre :
  • Mensonge romantique et vérité romanesque (1961)
  • Dostoïevski : du double à l’unité, 1963
  • La Violence et le sacré (1972)
  • Critique dans un souterrain (1976)
  • To Double Business Bound: Essays on Literature, Mimesis, and Anthropology, Baltimore, Johns Hopkins University Press. (1978)
  • Des choses cachées depuis la fondation du monde (1978) Recherches avec Jean-Michel Oughourlian et Guy Lefort.
  • Le Bouc émissaire (1982) (ISBN 
  • La Route antique des hommes pervers (1985)
  • (en) Violent Origins: Walter Burkert, René Girard, and Jonathan Z. Smith on Ritual Killing and Cultural Formation. Éd. Robert Hamerton-Kelly. Palo Alto, California, Stanford University Press.
  • Shakespeare : les feux de l'envie, 1990
  • Quand ces choses commenceront…, 1994, entretiens avec Michel Treguer.
  • Je vois Satan tomber comme l'éclair, Robert Laffont,‎ 1999, 251 p..
  • Celui par qui le scandale arrive (2001) comprenant trois courts essais et un entretien avec Maria Stella Barberi.
  • La Voix méconnue du réel (2002)
  • Le Sacrifice (2003)
  • Les Origines de la culture (2004) entretiens avec Pierpaolo Antonello et João César de Castro Rocha, suivi d’une réponse à Régis Debray sur ses critiques publiées dans Le feu sacré en 2003.
  • Oedipus Unbound: Selected Writings on Rivalry and Desire edited by Mark R. Anspach, Stanford, Stanford University Press).
  • Vérité ou foi faible. Dialogue sur christianisme et relativisme (2006) (Verità o fede debole. Dialogo su cristianesimo e relativismo), avec Gianni Vattimo. À cura di P. Antonello, Transeuropa Edizioni, Massa.
  • Dieu, une invention ? (2007) avec André Gounelle et Alain Houziaux.
  • De la violence à la divinité, 2007,
  • Achever Clausewitz, 2007, Entretiens avec Benoît Chantre. Carnets nord, 2007
  • Anorexie et désir mimétique, 2008, L'Herne,
  • Mimesis and Theory: Essays on Literature and Criticism, 1953-2005, sous la direction de Robert Doran, Stanford University Press, 2008
  • Christianisme et modernité, en collaboration avec Gianni Vattimo, Paris, Flammarion, coll. «Champs actuel», 2009.
  • La Conversion de l'art. Paris: Carnets nord, (livre + DVD).
  • Psychopolitique (2010), Rédaction de la préface du livre de Jean-Michel Oughourlian, Paris, Francois- Xavier de Guibert.
  • La Conversion de l'art, éd. Benoît Chantre et Trevor Cribben-Merrill, Paris, Flammarion, coll. «Champs essais», 2010.
  • Géométries du désir. Préface de Mark Anspach, Paris, L'Herne, 2011 Achever Clausewitz. Entretiens avec Benoît Chantre, Paris, Flammarion, coll. «Champs essais», 2011.
Sanglantes Origines. Entretiens avec Walter Burkert, Renato Rosaldo et Jonathan Z. Smith, Paris, Flammarion, 2011

jeudi 5 novembre 2015

Lu pour vous/KENYA - Nouvelles relatives à la préparation du tout prochain voyage du Pape

Nairobi (Agence Fides) – « Le fait que le Pape commence ici, dans cette grande nation, sa visite en Afrique est une bénédiction et une opportunité pour nous autres kenyans » a affirmé S.Exc. Mgr Alfred Rotich, Ordinaire militaire et Président du Secrétariat pour la visite du Souverain Pontife dans le pays africain, dans le cadre d’un entretien accordé à la chaîne télévisée NTV Kenya, signalé à l’Agence Fides.

« Le Saint-Père sera porteur de bénédictions et de solidarité, de consolation et d’espérance à un moment où nombre d’entre nous vivent dans le découragement (…) La visite du Pape offre la possibilité aux kenyans de discuter de problèmes tels que l’environnement, la justice, la cohésion sociale, l’intégrité morale, le vivre ensemble au travers du dialogue » a encore affirmé Mgr Rotich.
« Avec la visite du Pape, c’est comme si le message de Jésus Christ était renouvelé, comme si le son des tambours transmettaient la Parole résonnante dans toute l’Afrique » a-t-il ajouté.
Selon Mgr Rotich, il n’existe pas de problèmes particuliers en ce qui concerne la préparation de la visite du Pape François. S’agissant de l’aspect sécuritaire, Mgr Rotich a invité les fidèles habitant dans des lieux qui seront visités par le Saint-Père à être conscients de l’environnement dans lequel ils vivent, se demandant qui sont leurs voisins. Ceci est également une manière pour obtenir ce que Mgr Rotich souhaite voir demeurer après la visite apostolique, à savoir un pays plus uni et plus solidaire. (L.M.) (Agence Fides 05/11/2015)

mardi 27 octobre 2015

Congo : référendum constitutionnel, un cas d'école ? (par Pascal Djimoguinan)


            Le résultat du référendum au Congo Brazzaville vient de sortir. Le ministre de l’intérieur, mr Raymond Mboulou a communiqué ce mardi 27 octobre 2015 les chiffres : La participation a été de 72,44% et le oui l’a emporté de 92,96%. Un boulevard souvre-t-il devant le président Sassou Nguesso pour son troisième mandat ?

            L’opposition qui avait appelé à boycotter ce référendum a beau jeu de dénoncer ces résultats. La relecture des jours qui ont précédé le référendum montre combien cette opposition est sinon dans la complaisance, du moins dans l’amateurisme.

            La dénonciation de ce référendum faite par l’opposition est louable car il s’agissait de faire sauter deux verrous, à savoir, l’interdiction au président Sassou Nguesso de briguer un troisième mandat et la limite d’âge.

On peut parler de deux grandes erreurs de l’opposition :

- Première erreur. L’opposition a trop compté sur l’extérieur comme si elle ne pensait pas que les forces vives intérieures étaient capables de donner le la. Alors que les manifestations de la population semblaient ébranler le régime, il a suffi d’une phrase du président français François Hollande pour que tout retombe. C’était comme si le Congo était une province de la France.

- Deuxième erreur. L’opposition politique semble être plutôt ethnique que national. L’opposition n’a pas réussi à tenir un discours d’hommes d’Etat capables de réunir la nation. C’était comme si l’on était revenu au temps des milices qui avaient régenté le pays au temps de la guerre civile (cobras, ninja…). Rien que la ville de Brazzaville montre cette triste réalité : côté nord opposé au côté sud.

            Les hommes politiques congolais ne sont-ils pas encore prêts pour une révolution ? La comparaison avec le Burkina Faso est tentante. Qu’est-ce qui était présent au Burkina et qui a manqué au Congo ? Est-ce l’absence d’un homme comme Sankara qui aurait enfoui dans la pâte congolaise le ferment de la nation ?

            Sans doute les hommes politiques congolais sont des hommes d’une région avant d’être des hommes de la nation. Il faudrait méditer cela.
            Il faut maintenant se demander quelle sera la suite des événements.


lundi 5 octobre 2015

RCA, la Centrafrique en 5 mensonges à exorciser (par Pascal Djimoguinan)



            Pourquoi en Centrafrique, l’assassinat d’un conducteur de moto-taxi dans la nuit du vendredi 25 septembre au samedi 26 a entrainé une flambée de violence qui s’est soldée pour soixante-un (61) morts et trois cents (300) blessés ? Pourtant ce n’est pas la première fois qu’une personne a été assassinée depuis que ce pays connait des troubles. Pour les autorités de la transition, c’est une énième tentative de déstabilisation avec en prime un coup d’Etat. Tout cela est possible mais pour que la Centrafrique retrouve le chemin de la normalité, il lui faut exorciser ses vieux démons, en l’occurrence, cinq mensonges à reconnaitre afin de les corriger.
            Il n’y a pas de problème confessionnel en Centrafrique. En fait quel est le problème qui existe dans ce pays ? Comment peut-on l’expliquer ? Suffit-il de proclamer qu’un problème n’est pas pour qu’il ne soit pas ? Tout le monde sait que le problème centrafricain épouse les cadres d’une division des populations selon leur croyance et que le choix des victimes se fait selon leur confession religieuse. Ne faudrait-il pas reconnaitre un mal pour pouvoir le soigner ? Si les maux font peur et qu’on ne veut parler de problème confessionnel, au moins que l’on puisse parler de problème communautaire.
            Les forces internationales sont à l’origine des problèmes de la Centrafrique. Rien n’est  plus faux que cette croyance. Sans les forces internationales, la situation serait pire que ce que l’on connait maintenant. La Centrafrique a besoin des formes militaires internationales pour retrouver la paix et organiser les élections à venir. La paix n’est possible que grâce aux forces internationales.
            Les Facas sont les seules capables de restaurer la paix. Il est vrai qu’un Etat souverain doit disposer de ses propres forces militaires. Restaurer les Facas (forces armées centrafricaines) ramènerait-il automatiquement la paix ? Quelles Facas restaurer ? S’agit-il des facas de la fin du règne de Bozize ? Oublie-t-on si vite la désorganisation totale des forces armées centrafricaines au point où elles ont été incapables de résister au rouleau compresseur Sélèka qui envahissait la Centrafrique ? Faut-il rappeler le dernier recrutement des Facas de l’ère Bozizé qui a vu une émeute à Bangui. L’armée centrafricaine était devenue une armée ethnique au service d’un homme et d’une région. Ne faut-il pas carrément créer une armée républicaine au lieu de vivre une nostalgie « dégénératrice » ? La Centrafrique a besoin d’une nouvelle armée, déterminée et vraiment nationale.
            Les ONG ne sont là que pour exploiter le peuple. Le combat de toute la société civile et et tous les politiques devraient être pour la protection des humanitaires. Avec tous les déplacés que connait la Centrafrique, il y a un grand besoin des ONG. Il ne sert à rien de les jeter à la vindicte populaire. Il n’est pas normal qu’à chaque crise, les locaux des organisations humanitaires ne soient pas seulement pillés mais saccagés. A chaque fois, il est difficile d’aider les déplacés car les entrepôts sont pillés pendant les crises.
            Tous les antibalaka sont bons, tous les ex seleka sont mauvais. Il est toujours facile pour un esprit paresseux d’être manichéens. La réalité n’est pas aussi claire. Tous les antibalakas ne sont pas des nationalistes épris de justice. Il y a parmi les groupes des antibalakas ceux qui ne sont que des bandits de grands chemins, des groupes qui cherchent à profiter de la situation pour s’enrichir et se venger. D’autre part, tous les groupes d’ex sélékas ne sont pas mauvais. Il y en a qui cherchent le bien de la Centrafrique.
            La Centrafrique a intérêt à rejeter tous ces mensonges qui ne sont que pure idéologie. Il faut donc que tous les centrafricains de bonne volonté puissent se mettre ensemble pour la reconstruction de leur pays.



dimanche 27 septembre 2015

La renaissance de l'Etat colonial (par Pascal Djimoguinan)



Qu’il nous soit permis de faire recours à Jean-Paul Sartres dans Les mains sales : « Comme tu tiens à ta pureté, mon petit gars ! Comme tu as peur de te salir les mains. Eh bien, reste pur ! A quoi cela servira-t-il et pourquoi viens-tu parmi nous ? La pureté, c’est une idée de fakir et de moine. Vous autres, les intellectuels, les anarchistes bourgeois, vous en tirez prétexte pour ne rien faire, rester immobile, serrer les coudes contre le corps, porter des gants. Moi, j’ai les mains sales. Jusqu’aux coudes. Je les ai plongées dans la merde et dans le sang. »
            La politique au XXIème fait sienne cette citation de Hoederer. Elle n’est faite ni par la fakir ni par les moines. Elle a ainsi tendance à oublier sa propre racine, sa source. Si la politique ne se réduit pas à la morale, elle ne peut s’en passer. Sinon on arriverait à la pire des injustices.
            La politique a toujours pris soin de définir la souveraineté des peuples et leurs droits. Le XIXème siècle avait remis cela en cause et l’on a vu le colonialisme triompher. Certains Etats se sont octroyé les droits de régenter d’autres États et de proclamer les bienfaits de la colonisation. Il s’agit en fait, pour ces États de vouloir étendre leur souveraineté sur d’autres territoires situés en dehors de leurs frontières nationales.
            On a cru cette époque révolue et que les droits des peuples à l’autodétermination étaient enfin reconnus. La réalité est malheureusement autre. Lorsqu’on regarde vers le Proche et le Moyen-Orient, on se rend compte qu’il y a une régression dans la politique internationale. Il suffit de voir l’Irak et la Syrie.
            Le cas de la Syrie dépasse les entendements. Il y a des États occidentaux qui s’octroient la légitimité de décider qui a le droit de faire quoi en Syrie et qui n’en a pas le droit. On voudrait que toute légitimité en Syrie se décide à Paris. Les capitales occidentales s’enferment dans un autisme qui fait le jeu des intégristes. Il est impossible aux occidentaux de se rendre compte que l’aggravation de la situation en Syrie découle de leur politique sans vision. Paris a-t-elle la légitimité de décider que l’avenir de la Syrie doit se construire sans Bachar al Assad ? N’est-ce pas qu’en France, même la question des votes des étrangers est taboue ?
            Il faut se ressaisir et faire jouer la politique internationale traditionnelle. Combattre les intégristes de l’EI, puis négocier avec Bachar avec les moyens habituels de la diplomatie. Toute la politique adoptée jusqu’ici et qui va à l’encontre de la politique antérieure du monde arabe est improductive et fait avancer les intégristes.
            ‘Si les politiciens étaient moins aveuglés par leurs ambitions, ils verraient combien il est impossible qu’aucun établissement, quel qu’il soit, puisse marcher selon l’esprit de son institution, s’il n’est dirigé selon la loi du devoir ; ils sentiraient que le plus grand ressort de l’’autorité publique est dans le cœur des citoyens et que rien ne peut suppléer aux mœurs pour le maintien du gouvernement. Non seulement il n’y a que des gens de bien qui sachent administrer des lois, mais il n’y a dans le fond que des honnêtes gens qui sachent leur obéir. » (Jean-Jacques Rousseau)