lundi 7 mars 2016

8 mars : bonne fête à toutes les reines (par Pascal Djimoguinan)

            Si le 8 mars 1977 l’ONU adopte une résolution demandant a ses membres de célébrer « une journée des Nations-Unies pour les droits de la femmes et la paix dans le monde », cela est la conséquence des années de luttes menées par les femmes pour que leurs droits soient reconnus. Il est maintenant sûr qu’il ne viendra plus à personne, si conservatrice soit-elle, de remettre cela en question.
Cependant, il ne faudrait pas considérer cela comme une arrivée. Si cette journée a levé cette espèce de voile pudique qui recouvrait la maltraitance et l’’affront faits aux femmes, c’est pour que sous la lumière, tout comportement déviant soit décrié et que les femmes recouvrent leurs droits
Un regard rétrospectif nous montre que des efforts ont été faits dans plusieurs domaine en Afrique :
- Le travail des femmes : Il est de plus en plus admis qu’à l’instar des hommes, les femmes ont le droit de travailler (il y a de moins en moins de métiers considérés comme masculins donc interdits au femmes)
- La scolarisation : Le nombre de jeunes filles inscrites dans les écoles tend à atteindre celui des garçons même si cela décroit rapidement et que cette déperdition est due aux travaux ménagers auxquels les filles sont plus astreintes que les garçons.
- L’excision : ce phénomène est maintenant perçu comme quelque chose contre lequel il faut lutter. Malgré la complicité de certains parents et de certaines autorités, le nombre des victimes est en train de baisser.
Telles sont les progrès à relever. Que reste-t-il comme combat aujourd’hui en Afrique en vue de l’émancipation des femmes ?
- Le mariage précoce : Malgré les cris qui se sont élevés, le mariage précoce n’est pas prêt à disparaître. Diverses raisons rétrogrades ont été avancées en faveur de cette pratique. On essaie de faire passer à pertes et profits les diverses conséquences néfastes (mortalité à la couche, interruption de l’école…)
- Le lévirat : Malgré les grandes études que font les femmes, la loi du lévirat continue dans certains milieux. Non seulement les femmes ne peuvent pas hériter, mais elles font elles-mêmes partie de l’héritage.
- Le viol et la violence faite aux femmes : Beaucoup continuent malheureusement à trouver le viol normal, notamment dans les foyers. En plus, toute violence faite aux femmes est prise comme une correction, ou comme faisant partie de l’éducation.
Nous pourrions continuer à citer les droits que les femmes doivent encore acquérir ici en Afrique ; ils sont trop nombreux. La première chose à faire, c’est de déconstruire notre propre mentalité, de telle sorte que nous soyons capables de reconnaître que le sort que nous réservons aux femmes n’est pas normal. Ce qui est encore plus pervers, c’est de faire croire aux femmes que c’est par leur faute ou pour leur bien qu’elles sont traitées ainsi.
Chaque fois qu’un homme est capable de lutter pour les droits des femmes, c’est notre terre qui prend un visage plus humain. Combien d’hommes vont prendre parti cette année ?

Bonne fête à toutes les reines !!!


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