lundi 31 octobre 2022

TCHAD: Ils ont tué nos enfants (par Pascal Djimoguinan)

 Ils ont tué nos enfants, ils les ont fusillés.

La Gestapo les as traqués, dans nos ghettos,

A Moursal, Abena, Atrone, Gassi,

Mais aussi a Moundou, Doba, Koumra.

Ils ont déporté ceux que le fleuve n'a pas chariés.

Ils ont étouffé le rêve parce qu'ils voulaient tuer le temps.

Ils ont voulu tirer un trait sur le futur

Alors ils ont massacré la jeunesse.

Mais ils ignorent une chose:

La révolution, la vraie, ne commence que quand s'éveillent les consciences.

Alors qu'importe le temps...

Les lourds moments de frustration, de souffrances, de tortures et de brimades,

Servent à la maturation des idéaux chèrement acquis.

Au dessus des nuages les plus lourds, il y a le soleil.

Ils n'ont pas réussi à assassiner l'espoir.





vendredi 28 octobre 2022

TCHAD: un champ de tir? (Par Pascal Djimoguinan)

 Le flot des nouvelles ces jours-ci, présentent le Tchad comme un vaste champ de tirs, où l'on peut impunément tirer sur des humains. La vie humaine n'a pas plus de valeur que celle d'un lapin de garenne d'un chasseur ramène fièrement comme un trophée.

Peuple du Tchad, qu'as-tu fait pour n'avoir droit a aucune considération ? On te massacre dans l'indifférence générale alors que tu n'exige que ton droit.

La journée du 20 octobre 2022 est marquée au fer rouge sur ta peau et tu n'as pas le droit de l'oublier, au risque de t'aliéner.

Quelle est cette politique de meurtres et de mensonges pour cacher l'innommable ? Quel est cette arithmétique macabre à laquelle se livrent des adultes pour effacer l'avenir? Sur des autels d'intérêts mesquins, quelques hommes trahissent les combats de leur jeunesse.

Un pays où des parjures s'agrippent au pouvoir, voilà ce que tu es devenu, ô mon Tchad. D'où viendra ton salut? Jusques à quand faudra-t-il attendre pour que se lève le soleil de justice ?



mardi 25 octobre 2022

LU POUR VOUS /AFRIQUE/TCHAD - Au moins 50 morts dans la répression des manifestations contre la prolongation de la transition : une "violence injustifiée selon les Évêques

                 " Nous exprimons notre regret et notre indignation " pour les " violences injustifiées " contre des manifestants pacifiques, déclare la Conférence épiscopale du Tchad, au lendemain de la violente répression des manifestations du 20 octobre. Des centaines de manifestants s'étaient rassemblés à l'appel de l'opposition pour protester contre la prolongation de deux ans de la "transition" du chef de la junte militaire, Mohamed Idriss Déby. Au moins 50 personnes sont mortes, tuées par les forces de sécurité.

Mohamed Idriss Déby avait pris le pouvoir après la mort soudaine de son père, Idriss Deby, le 20 avril 2021, alors qu'il commandait des troupes contre des rebelles dans le nord du pays. Le fils de Déby avait suspendu le fonctionnement des institutions tchadiennes et annoncé qu'il prendrait la tête de l'État pour une période de " transition " de dix-huit mois.

Mais le 20 octobre, dès que Mahamat Déby a annoncé la prolongation de la "transition" pour deux années supplémentaires, les manifestants sont sortis pour protester à N'Djamena, Sarh, Doba, Koumra, Abéché, Moundou, subissant la répression brutale des forces de sécurité.

Dans son communiqué de presse, l'épiscopat tchadien " constate avec tristesse et amertume qu'une fois de plus le sang de filles et de fils tchadiens a coulé lors d'une manifestation qui se voulait pacifique mais qui a été violemment réprimée ".
"Nous protestons avec véhémence contre ces violations de la dignité humaine", réitèrent les évêques, qui demandent "à tous les acteurs politiques et aux forces de défense et de sécurité de privilégier, en toutes circonstances, le dialogue sincère et le respect de la dignité humaine et du caractère sacré de la vie humaine". La Conférence épiscopale du Tchad invite toutes les communautés et institutions chrétiennes catholiques, les fidèles du Christ, les croyants, les hommes et femmes de bonne volonté, à "prier sans cesse pour la réconciliation des cœurs afin de promouvoir la paix dans notre pays".

Officiellement, la prolongation de la transition a été décidée par le Dialogue national inclusif et souverain, un forum promu par le régime mais boycotté par les partis d'opposition, auquel la Conférence épiscopale a également décidé de ne pas participer.

(LM) (Agence Fides 25/10/2022)



dimanche 23 octobre 2022

Prière pour la paix au Tchad (par Pascal Djimoguinan)

 

Dieu, Père éternel et Tout-puissant,

Tu es le maître du ciel, de la tout et de tout ce qu’ils contiennent,

Nous savons que tu peux tout

Tu es au-dessous de toutes les créatures.

 

Tu aimes tous les hommes et toutes les femmes de notre terre,

Tu nous as envoyé ton Fils Jésus Christ

Qui est mort et ressuscité pour nous

Et tu as envoyé ton Esprit Saint pour que nous travaillons

Afin que ton Règne vienne sur notre terre comme au ciel.

 

Jésus nous a dit : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix »

Il veut que nous soyons les artisans de ta paix

Et c’est cette paix que nous te demandons pour notre pays le Tchad,

Donne-nous la paix.

 

Il y a beaucoup de souffrance chez nous,

Les pauvres et les faibles sont exploités,

Les veuves et les orphelins se multiplient

Entends les cris du cœur d’un peuple sans cœur

 

Esprit Saint, Esprit d’amour et de paix

Viens chez nous au Temps

Afin que la justice et la paix s’embrassent

Que la vérité et la dignité puissent s’épanouir

Car tu chasses tout ce qui trouble.

 

Bienheureuse Vierge Marie, notre mère,

Vous avez pris soin de la Sainte Famille à Nazareth

Aujourd’hui que votre prière accompagne notre Tchad

Vous êtes Notre Dame de la paix, priez pour nous

Pour que votre divin Fils pose son regard sur nous !



samedi 22 octobre 2022

TCHAD : Hommage à titre posthume (par Pascal Djimoguinan)

 Hommage à vous, tombés au champ d’honneur,

En ce jour du 20 octobre, mémorial de votre martyre.

Vous n’êtes ni sudistes, ni nordiste,

Ni chrétiens, ni musulmans, ni animistes,

Mais vous êtes le Tchad lui-même.

 

Vous défendiez une cause noble et juste,

Vous luttiez pour plus de justice et d’égalité,

Vous cherchiez le droit pour tous

Vous traciez les sillons pour un Tchad libre et vrai

Mais vous avez été fauchés à la fleur de l’âge.

 

Il a fallu que vous tombiez,

Victime d’un régime barbare pour que des yeux s’ouvrent

Sur la nature de votre combat.

Sur la route, faute de courage, beaucoup avaient tourné leurs vestes

Mais vous avez tenu jusqu’au bout.

 

Dans toutes les villes du Tchad

Il y a une stèle consacrée aux martyrs.

Désormais, chacun saura reconnaître les siens

Car vous qui êtes toujours vivants dans nos cœurs,

Nous vous reconnaissons dans ces places d’honneur.

 

Nous promettons ne pas vous laisser tomber dans l’oubli

Pour cela, le seul moyen est de continuer la lutte

Pour qu’enfin éclose cette démocratie dont vous rêviez.

Si ce n’est aujourd’hui, ce sera demain

Car le témoin est transmis.

Quand la démocratie sera enfin cueillie,

Sur nos places publiques et dans nos rues,

Dans nos livres d’histoires et dans nos épopées,

Nous n’oublierons pas de marquer ce qui nous tient à cœurs :

A nos martyrs du 20 octobre, nos cœurs reconnaissants.

Et que s’égrènent à jamais vos noms…



dimanche 2 octobre 2022

LU POUR VOUS/ Homélie de l'archevêque de Bangui pour la rentrée pastorale (par Pascal Djimoguinan)

 

                                             ARCHEVEQUE METROPOLITAIN DE BANGUI

Homélie de la rentrée pastorale diocésaine 2022-2023

Ha 1. 2-3 ; 2, 2-4 ; PS 94 ; 2 Tm 1, 6-8. 13-14 ; Lc 17, 5-10

Monseigneur Cédric KONGBO GBASSINGA, Secrétaire général de la Conférence Épiscopale

Centrafricaine,

Monseigneur Mathieu Fabrice Evrard BONDOBO, Vicaire Général de l' Archidiocèse de Bangui,

Chers frères dans le sacerdoce,

Chers religieux et religieuses,

Chers ordinands,

Chers frères et sœurs,

Distingués invités,

Et vous tous, hommes et femmes de bonne volonté,

La paix du Christ !

Chrétiens de l'Archidiocèse de Bangui : Debout ! Marchons avec le Christ !

Wamabè ti kota vaka Da-Nzapa ti Bangui : Londo ! Tambula na peko ti Christ !

« Pour une Église synodale, communion, participation, mission »

« Désormais, nous ne connaissons personne à la manière humaine. Si donc quelqu'un est dans le Christ, c'est une créature nouvelle » (2 Co 5, 16-17)

Qu'il est merveilleux d'être ensemble et, surtout, d'éprouver, dans la diversité de nos provenances, la même joie d'être réunis dans la maison du Seigneur, pour être nourris de sa Parole et de son Corps et pour prendre ensemble la route de la marche de cette nouvelle année pastorale 2022-2023.

L'appel de Dieu s'adresse à l'ensemble de ses enfants sans distinction, sans ségrégation, sans mépris, sans exclusion : c'est un appel au bonheur véritable dont l'une des déclinaisons concrètes est la mission. Malgré les souffrances, les différentes épreuves, Dieu appelle tous ses enfants à vivre ensemble dans la joie, dans la paix et dans la fraternité.

Tout au long des assises ayant précédé cette grande célébration, nous avons vécu un véritable temps de grâce et de convivialité. Grande a été notre joie de donner de notre savoir, de nos témoignages mais encore d'être enrichi par les expériences, les partages et les messages de nos frères protestants et musulmans.

La célébration eucharistique de ce 27e dimanche du temps ordinaire est l'apothéosede tous ces moments vécus où le Seigneur, dans l'Évangile, nous invite à nous enraciner dans la puissance de la foi comme fondement de notre vie, de nos activités pastorales et de nos services.

Frères et sœurs,

Sans la foi en Dieu, une foi vivante et profonde, nos efforts et nos mots risquent de se limiter qu'à la dimension humaine. On risquerait de croire que le miracle du « vivre ensemble dans la diversité »peut advenir de la force de notre savoir, de nos stratégies et moyens, de nos capacités et mérites.

Sans Dieu, tous nos efforts ne mènent à rien, toutes nos vocations ne conduisent à aucun bonheur. Sans Dieu et sans la lumière de l'Évangile, la culture n'a pas de sens et nos œuvres d'inculturation risquent de ne pas atteindre tout l'homme et tout homme.

Avant tout, il faut avoir la foi pour comprendre profondément que l'appel à marcher ensemble relève de la volonté du Seigneur et que cela constitue un chemin de salut. La foi nous aide à interpréter le sens de la mort et de la résurrection de notre Seigneur comme actes de réunification de l'humanité dispersée et appel à œuvrer pour l'unité.

La foi nous ouvre à l'écoute de l'Esprit Saint qui sème en nous des germes d'amour, de pardon. La foi nous fait adhérer à l'appel de l'Église : « marcher ensemble » est aujourd'hui une urgence, une impérieuse nécessité pour le monde.

Les obstacles à la marche ensemble sont nombreux et semblent souvent insurmontables : la volonté de puissance, de pouvoir, les offenses, la haine, les violences au nom de l'ethnie et au nom de la religion.Toutes ces absurdités conduisent à la désolation qui font le tourment du prophète Habaquc.

Frères et sœurs,

Dans la première lecture, ce dernier est confronté à la désolation de son peuple : « Pourquoi me fais-tu voir le mal et regarder la misère ? Devant moi pillage et violence ; dispute et discorde se déchaînent » (Ha

En dépit de ce tableau sombre pouvant conduire au pessimisme, au désespoir, le Seigneur rassure son prophète et lui fait entrevoir un avenir plein d'espérance. De tout temps, la fidélité de Dieu est sans failles : sur elle, nous pouvons fonder notre persévérance en l'attente de la réalisation de sa promesse.

Nous ne sommes pas seuls dans notre marche ensemble. Dieu lui-même marche avec nous à travers sa Parole qu'il nous invite à consulter « couramment » (cf. Ha 2, 2). Et Dieu nous demande d'être justes afin d'être le sel et la lumière de nos communautés, de notre pays. « Les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent, sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ, et il n'est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leur cœur. »l . Fidèle à sa vocation prophétique, l'Église ne peut pas rester indifférente ni silencieuse devant la souffrance du peuple.

Fidélité dans la justice et fidélité à sa vocation plaisent à Dieu et constituent d'éloquents témoignages. Cela me conduit à évoquer la deuxième lecture extraite de la seconde épître de saint Paul Apôtre à Timothée. Elle contient un conseil d'une importance indéniable : « Bien aimé, ravive le don gratuit de Dieu, ce don qui est en toi depuis que je t'ai imposé les mains » (2 Tm l, 6).

Chers ordinands,

D'ici peu, par l'imposition de mes mains, vous serez investis de l'Esprit de Dieu pour devenir diacre et prêtres.

L'imposition des mains est un geste rituel qui trouve sa racine et son sens dans la Bible. Elle est un signe de bénédiction et de consécration. Dans le Nouveau Testament, Jésus imposait les mains en signe de délivrance, de pardon et de salut (cf. Mc 16, 17-18). Ayant reçu de lui le pouvoir de le faire, les Apôtres y recouraient eux aussi pour signifier le don de l'Esprit et l'envoi en mission. Aujourd'hui, l'Église continue d'imposer les mains pour l'administration des sacrements. Dans le cas d'une ordination par exemple, par ce geste, Dieu donne a une personne un pouvoir spirituel lui permettantd'exercer une mission précise, une fonction déterminée.

Il faudra vous souvenir qu'en ce jour saint, Dieu dans son amour infini, s'est penché sur vous, pour vous associer à sa mission de conduire à lui tout le genre humain ; il vous a inséré dans un presbyterium

1Gaudium et Spes, 1.

qui est votre soutien, votre lieu de marche. Souvenez-vous qu'aujourd'hui, il vous a comblés d'une grâce spéciale que la fidélité à votre état de vie maintiendra vive, active et puissante.

Puissiez-vous accueillir votre ordination avec joie et humilité. Puissiez-vous vivre le diaconat et le presbytérat comme un don émanant de la pure gratuité divine et de cela, pour servir vos frères et sœurs, non pas les écraser en vous croyants supérieurs, et surhommes. Vous voici intégrés à la marche au milieu de vos frères et sœurs à qui il vous incombera de servir la Parole et le Pain de la Vie, viatiques au bonheur éternel.

Vos ministères recèlent une dimension esthétique qui est salutaire pour vous et pour le peuple de Dieu. Le Seigneur veut que vous gardiez le dépôt de la foi dans toute sa beauté, soutenus par le Saint Esprit qui siège en vous (cf. 2 Tm 1, 14). La beauté évoque la grandeur de l'oeuvre divine, l'importance de votre tâche et la valeur inestimable de vos brebis. La beauté évoque aussi l'application que vous devez accorder à l'accomplissement de votre mission.

L'appel que le Seigneur vous adresse nous concerne tous, prêtres, religieux et religieuses à qui il incombe de renouveler notre amour pour le Seigneur et pour la mission qu'il nous accorde.

Cet appel s'adresse aussi particulièrement à toi, abbé Jerry, qui d'ici peu, t'engageras solennellement à prendre la route pour saint Laurent de Kouki. Ne l'oublie pas. Tu ne t'y rends pas seul. Tu seras accompagné d'un diacre mais encore de tout l'archidiocèse de Bangui qui sera en communion avec vous.

Tous ensemble, ne l'oublions pas, en tout lieu, en toute circonstance, l'Esprit du Seigneur qui nous accompagne est un esprit de force, d'amour et de pondération. La fécondité de notre œuvre et la fidélité à nos vocations particulières est de témoigner du Seigneur dans la 40ie et la persévérance. L'Évangile s'achève sur l'appel à la diaconie.

Grégory, mon cher fils,

Voici un appel qui t'es adressé personnellement. Par ton ordination, tu serasconfiguré au Christ Serviteur, le Serviteur par excellence. Aujourd'hui, tu reçois la mission de servir la Parole à travers la prédication, la mission de servir l'Eucharistie en préparant la sainte table où le pain et le vin deviendront le corps et le sang du Christ. Ce Christ que tu porteras au monde souffrant, le corps de l'Église. Il te reviendra aussi d'administrer le baptême en faisant naître des hommes et des femmes à la vie de foi, d'assister et de bénir le mariage chrétien.

Cher fils,

Je te rappelle à toi ainsi qu'à nous que nous ne sommes que des serviteurs et des serviteurs inutiles.

Demandons à la bienheureuse très sainte Vierge, Notre Dame de l'Oubangui, celle qui a dit « oui » et qui a su marcher avec le Seigneur dans toutes les étapes de sa vie, à saint Joseph, le patron de l'Église, de marcher avec nous et d'intercéder pour nous, pour que Jésus affermisse notre foi, notre espérance et notre charité en ce début d'année pastorale. Que sa prière vous obtienne, chers ordinands, d'être un diacre et des prêtres selon le cœur de Jésus. Puisse l'Esprit d'amour nous inspirer, cette année, des gestes et des actes concrets en faveur de la cohésion sociale, de l'unité dans la diversité, de la concorde et de la paix, maintenant et pour les siècles des siècles, amen !

vendredi 30 septembre 2022

TCHAD/ La cérémonie de la remise de la dot dans les régions du Tchad (par Pascal Djimoguinan)

 Au Tchad comme dans beaucoup d’autres pays africains, l’une des étapes très importante du mariage est la dot. On peut pratiquement dire que si la dot n’est pas versée, le mariage ne peut pas avoir lieu. Il n’y a pas de week-end sans cérémonie de dot au Tchad. Des élèves de la classe de 2de L2 au Lycée-Collège Charles Lwanga se sont penchés sur la question. Nous avons ici les copies les plus représentatives de la classe.

 

Lomréta Gladys

La dot est un mariage traditionnel avec l’acc ord des deux familles ; c’est aussi une compensation en bien ou en services versée par le futur époux à la future épouse. Cette cérémonie de la remise de la dot se passe selon les régions et les religions. Nous allons ici dire comment cette cérémonie se passe chez nous les Sars.

Il y a tout d’abord l’arrivée et la mise en place de la famille de l’époux chez l’épouse. Cela se fait sous des cris de joie et des youyous des femmes, accompagnés des battements des mains. Certaines femmes entonnent des chants qui sont accompagnés de battements de tamtams. Toute cette animation crée une ambiance de fête.

Ensuite, trois jeunes femmes sont chargées d’apporter de l’eau à boire pour accueillir la belle famille et exprimer leurs sentiments de joie. Généralement, ce sont les amies de l’épouse qui sont en charge de cette tâche.

Après la présentation des représentants des deux familles, on procède au versement de la dot et des présents apportés par la famille de l’époux (colis, pagnes, savons, sucre, thé, chaussures…). L’argent et les présents remis seront partagés entre le père, la mère, les tantes et oncles paternels et maternels. Le reste sera pour les autres membres de la famille.

Après la cérémonie, la belle famille retourne chez elle. La fête peut continuer jusqu’au soir.

Il y a différents symboles utilisés chez les sars pendant la remise de la dot.

L’eau dans une calebasse : c’est le signe de la fraternité et d’accueil des hôtes.

L’argent remis : c’est en signe de compensation fournis par l’époux pour l’absence que causera le départ de la fiancée de sa famille.

Pois de terre, mil, maïs dans un panier traditionnel : cela est synonyme de l’abondance et de la fécondité dans le foyer.

Une liane d’un arbre spécial : bien que le foyer soit un feu, les mariés doivent s’unir (s’attacher) pour affronter les différends de la vie et respecter les promesses faites devant Dieu et devant les hommes.

Une colombe vivante : il s’agit ici d’un symbole de paix et d’union entre les deux familles.

 

Ndilabaye Padja Ronel

Une cérémonie est un acte solennel accompagnant un culte religieux, qui regroupe plusieurs personnes pour manifester la joie. La question fondamentale est de celle de savoir comment s’organise la cérémonie de la remise de la dot et de donner le sens des symboles utilisés.

Parlant de la dot, c’est le bien qu’un des contractant du mariage apporte en se mariant. La dot est très importante car c’est l’honneur de la famille. Nous avons plusieurs religions et cette cérémonie s’organise différemment selon les lieux. Dans ma région, quand s’organise la cérémonie de la dot, il est bon d’informer toute la famille de près ou de loin afin qu’ils puissent assister physiquement, spirituellement et financièrement.

Avant de prévenir sa famille, le fiancé doit se préparer sur le plan financier pour être capable de prendre les choses en charge.

Avant la cérémonie, il doit y avoir cinq ou six réunions des familles pour se préparer et arranger les choses (la nourriture, les habits que doivent porter les parents, etc.).

Le fiancé et sa famille doivent donner à la belle-famille un bœuf et un autre pour la famille afin de préparer le repas de fête.

Le jour de la fête, le matin, la famille du fiancé arrive chez les parents de la fille en apportant plusieurs choses :

- Une calebasse contenant des pois de terre et du mil pénicillaire,

- Les ingrédients pour la sauce longue et du poisson fumé,

- Du savon, les crèmes, des flacons de parfum, les étoffes, les mouchoirs de tête

- Les produits de beauté.

Toutes ces choses sont apportées chez les beaux-parents. Ceux-ci, de leur côté, préparent la place pour accueillir leurs visiteurs. A l’arrivée des visiteurs, une chanson s’élève, ou à défaut, on joue de la musique moderne sur les appareils avec des grands baffles.

Après quelque temps, la parole est laissée à la belle-famille hôte. Une natte sera amenée pour les négociateurs des deux côtes qui y prendront place. Ce sera le moment de la remise de l’argent de la dot. Une joute oratoire commence pour fixer le prix à payer.

Deux ou trois femmes viendront ensuite avec de l’eau dans une calebasse pour les beaux-parents ; après avoir bu l’eau, les deux familles représentées par leurs négociateurs se lèveront de la natte et chacun essaiera d’arracher la natte des mains de l’autre famille ; ils finiront par remettre la natte à la famille du garçon, de même que la calebasse qui avait contenu de l’eau. La famille de la fille remerciera celle du garçon avant que celle-ci ne prenne congé.

La famille de la fiancée doit apporter de la nourriture chez le garçon pour la fête. Lorsque la délégation des femmes arrive, celles-ci doivent être payées avant de déposer la nourriture ; c’est alors que le repas de fête peut commencer.

A la fin, le jeune marié doit remercier sa famille pour l’assistance qu’il a reçue.

En somme la dot unit l’homme et la femme et c’est un choix libre entre les conjoints. Nous avons aussi beaucoup de signes qui accompagnent la dot ; il s’agit des condiments pour la sauce longue, une calebasse contenant un peu de pois de terre et du mil pénicillaire, des boules de savons, des étoffes, du parfum…

 

Allandiguim Eliane :

La dot est définie comme l’ensemble des biens que la famille d’un homme apporte chez la famille d’une femme pour symboliser une demande en mariage. Ainsi, nous allons dire comment la cérémonie de la remise de la dot se passe dans notre région et expliquer les différents symboles utilisés lors de la cérémonie.

Dans ma région au sud du Tchad, la cérémonie de la remise de la dot se passe comme suit. La famille de l’homme, après s’être entendue avec la famille de la fille sur le jour de la remise de la dot, organise une petite fête familiale, puis elle se rend chez la belle famille, mais sans leur fils.

Ce sont les sages de la famille qui sont choisis pour discuter avec les parents de la fiancée. Arrivés chez les beaux-parents, ces sages seront accueillis par la belle-famille. On leur présentera des sièges pour s’asseoir alors que tout le reste de la famille va s’asseoir par terre. On servira de l’eau aux sages, mais ceux-ci ne boiront pas. Une joute oratoire va s’engager avec ces sages et les représentants de la famille de la fille sur le montant de la dot. Une fois qu’ils se sont mis d’accord, la somme sera versée ; les parents de la fille recevront leur part, la maman en première position, puis le père.

Après cela, d’autres choses seront encore remises comme des étoffes, des tasses (des soupières et des cuvettes), du savon, des crèmes de beauté, et aussi de la boisson et bien d’autres choses pour permettre à la fiancée de s’installer dans son foyer. Quand toutes ces choses sont remises, les gens chantent et dansent avec des youyou, puis la famille du nouveau marié rentre chez elle pour continuer la suite de la fête.

En somme, la cérémonie de la dot se passe avec beaucoup de sérieux et de respect et les deux familles dialoguent longuement avant d’arriver à une conclusion. Les symboles utilisés représentent donc les biens envoyés par l’homme pour montrer son désir de sa femme et sa reconnaissance envers la belle-famille.

Au Tchad comme dans beaucoup d’autres pays africains, l’une des étapes très importante du mariage est la dot. On peut pratiquement dire que si la dot n’est pas versée, le mariage ne peut pas avoir lieu. Il n’y a pas de week-end sans cérémonie de dot au Tchad. Des élèves de la classe de 2de L2 au Lycée-Collège Charles Lwanga se sont penchés sur la question. Nous avons ici les copies les plus représentatives de la classe.

 

Lomréta Gladys

La dot est un mariage traditionnel avec l’acc ord des deux familles ; c’est aussi une compensation en bien ou en services versée par le futur époux à la future épouse. Cette cérémonie de la remise de la dot se passe selon les régions et les religions. Nous allons ici dire comment cette cérémonie se passe chez nous les Sars.

Il y a tout d’abord l’arrivée et la mise en place de la famille de l’époux chez l’épouse. Cela se fait sous des cris de joie et des youyous des femmes, accompagnés des battements des mains. Certaines femmes entonnent des chants qui sont accompagnés de battements de tamtams. Toute cette animation crée une ambiance de fête.

Ensuite, trois jeunes femmes sont chargées d’apporter de l’eau à boire pour accueillir la belle famille et exprimer leurs sentiments de joie. Généralement, ce sont les amies de l’épouse qui sont en charge de cette tâche.

Après la présentation des représentants des deux familles, on procède au versement de la dot et des présents apportés par la famille de l’époux (colis, pagnes, savons, sucre, thé, chaussures…). L’argent et les présents remis seront partagés entre le père, la mère, les tantes et oncles paternels et maternels. Le reste sera pour les autres membres de la famille.

Après la cérémonie, la belle famille retourne chez elle. La fête peut continuer jusqu’au soir.

Il y a différents symboles utilisés chez les sars pendant la remise de la dot.

L’eau dans une calebasse : c’est le signe de la fraternité et d’accueil des hôtes.

L’argent remis : c’est en signe de compensation fournis par l’époux pour l’absence que causera le départ de la fiancée de sa famille.

Pois de terre, mil, maïs dans un panier traditionnel : cela est synonyme de l’abondance et de la fécondité dans le foyer.

Une liane d’un arbre spécial : bien que le foyer soit un feu, les mariés doivent s’unir (s’attacher) pour affronter les différends de la vie et respecter les promesses faites devant Dieu et devant les hommes.

Une colombe vivante : il s’agit ici d’un symbole de paix et d’union entre les deux familles.

 

Ndilabaye Padja Ronel

Une cérémonie est un acte solennel accompagnant un culte religieux, qui regroupe plusieurs personnes pour manifester la joie. La question fondamentale est de celle de savoir comment s’organise la cérémonie de la remise de la dot et de donner le sens des symboles utilisés.

Parlant de la dot, c’est le bien qu’un des contractant du mariage apporte en se mariant. La dot est très importante car c’est l’honneur de la famille. Nous avons plusieurs religions et cette cérémonie s’organise différemment selon les lieux. Dans ma région, quand s’organise la cérémonie de la dot, il est bon d’informer toute la famille de près ou de loin afin qu’ils puissent assister physiquement, spirituellement et financièrement.

Avant de prévenir sa famille, le fiancé doit se préparer sur le plan financier pour être capable de prendre les choses en charge.

Avant la cérémonie, il doit y avoir cinq ou six réunions des familles pour se préparer et arranger les choses (la nourriture, les habits que doivent porter les parents, etc.).

Le fiancé et sa famille doivent donner à la belle-famille un bœuf et un autre pour la famille afin de préparer le repas de fête.

Le jour de la fête, le matin, la famille du fiancé arrive chez les parents de la fille en apportant plusieurs choses :

- Une calebasse contenant des pois de terre et du mil pénicillaire,

- Les ingrédients pour la sauce longue et du poisson fumé,

- Du savon, les crèmes, des flacons de parfum, les étoffes, les mouchoirs de tête

- Les produits de beauté.

Toutes ces choses sont apportées chez les beaux-parents. Ceux-ci, de leur côté, préparent la place pour accueillir leurs visiteurs. A l’arrivée des visiteurs, une chanson s’élève, ou à défaut, on joue de la musique moderne sur les appareils avec des grands baffles.

Après quelque temps, la parole est laissée à la belle-famille hôte. Une natte sera amenée pour les négociateurs des deux côtes qui y prendront place. Ce sera le moment de la remise de l’argent de la dot. Une joute oratoire commence pour fixer le prix à payer.

Deux ou trois femmes viendront ensuite avec de l’eau dans une calebasse pour les beaux-parents ; après avoir bu l’eau, les deux familles représentées par leurs négociateurs se lèveront de la natte et chacun essaiera d’arracher la natte des mains de l’autre famille ; ils finiront par remettre la natte à la famille du garçon, de même que la calebasse qui avait contenu de l’eau. La famille de la fille remerciera celle du garçon avant que celle-ci ne prenne congé.

La famille de la fiancée doit apporter de la nourriture chez le garçon pour la fête. Lorsque la délégation des femmes arrive, celles-ci doivent être payées avant de déposer la nourriture ; c’est alors que le repas de fête peut commencer.

A la fin, le jeune marié doit remercier sa famille pour l’assistance qu’il a reçue.

En somme la dot unit l’homme et la femme et c’est un choix libre entre les conjoints. Nous avons aussi beaucoup de signes qui accompagnent la dot ; il s’agit des condiments pour la sauce longue, une calebasse contenant un peu de pois de terre et du mil pénicillaire, des boules de savons, des étoffes, du parfum…

 

Allandiguim Eliane :

La dot est définie comme l’ensemble des biens que la famille d’un homme apporte chez la famille d’une femme pour symboliser une demande en mariage. Ainsi, nous allons dire comment la cérémonie de la remise de la dot se passe dans notre région et expliquer les différents symboles utilisés lors de la cérémonie.

Dans ma région au sud du Tchad, la cérémonie de la remise de la dot se passe comme suit. La famille de l’homme, après s’être entendue avec la famille de la fille sur le jour de la remise de la dot, organise une petite fête familiale, puis elle se rend chez la belle famille, mais sans leur fils.

Ce sont les sages de la famille qui sont choisis pour discuter avec les parents de la fiancée. Arrivés chez les beaux-parents, ces sages seront accueillis par la belle-famille. On leur présentera des sièges pour s’asseoir alors que tout le reste de la famille va s’asseoir par terre. On servira de l’eau aux sages, mais ceux-ci ne boiront pas. Une joute oratoire va s’engager avec ces sages et les représentants de la famille de la fille sur le montant de la dot. Une fois qu’ils se sont mis d’accord, la somme sera versée ; les parents de la fille recevront leur part, la maman en première position, puis le père.

Après cela, d’autres choses seront encore remises comme des étoffes, des tasses (des soupières et des cuvettes), du savon, des crèmes de beauté, et aussi de la boisson et bien d’autres choses pour permettre à la fiancée de s’installer dans son foyer. Quand toutes ces choses sont remises, les gens chantent et dansent avec des youyou, puis la famille du nouveau marié rentre chez elle pour continuer la suite de la fête.

En somme, la cérémonie de la dot se passe avec beaucoup de sérieux et de respect et les deux familles dialoguent longuement avant d’arriver à une conclusion. Les symboles utilisés représentent donc les biens envoyés par l’homme pour montrer son désir de sa femme et sa reconnaissance envers la belle-famille.