jeudi 1 octobre 2026

La société civile en Afrique ; mythe ou réalité (par Pascal Djimoguinan)

       L’article La société civile en Afrique ; mythe ou réalité ? par le philosophe et chercheur tchadien Pascal Djimoguinan a été publiée dans la Revue de philosophie et de critique sociale de Kimwenza (éditée par la Faculté de philosophie Saint Pierre Canisius en République démocratique du Congo), s'inscrit dans une démarche de critique sociale et politique de l'espace public africain.

Dans cette contribution intellectuelle majeure, Pascal Djimoguinan interroge la pertinence, l’autonomie et l’efficacité des structures dites de la « société civile » dans le contexte des processus de démocratisation en Afrique subsaharienne.

Le Noyau Conceptuel de l'Article

Djimoguinan aborde le concept de société civile à travers une tension dialectique classique en philosophie politique africaine : le mythe contre la réalité.

1. La thèse du « Mythe » (La critique de l'importation conceptuelle)

            • Dépendance et extraversion : L'auteur souligne que la « société civile » est souvent un concept calqué sur les réalités occidentales (hérité des Lumières ou des théories hégéliennes et libérales). En Afrique, nombre d'organisations non gouvernementales (ONG) et d'associations naissent ou survivent principalement grâce aux financements de bailleurs de fonds internationaux, répondant à des agendas extérieurs plutôt qu'à des dynamiques populaires endogènes.

            • L'instrumentalisation politique : L'auteur met en garde contre les dérives où la société civile devient une simple antichambre politique, un tremplin pour des leaders associatifs en quête de portefeuilles ministériels ou de visibilité institutionnelle.

2. La thèse de la « Réalité » (L'ancrage et la résistance)

            • Forces d'émancipation et contre-pouvoir : À l'opposé du mythe, la société civile africaine est une réalité tangible lorsqu'elle s'incarne dans des mouvements syndicaux, des associations de défense des droits de l'homme ou des structures communautaires de base. Elle agit comme un véritable rempart contre l'autoritarisme d'État et joue un rôle crucial de médiation et de pacification lors des crises politiques.

            • Réalités traditionnelles et solidarités locales : Djimoguinan invite à élargir la définition textuelle de la société civile. En Afrique, la véritable vitalité civile se trouve souvent en dehors du formalisme juridique occidental : elle réside dans les structures de solidarité coutumières, religieuses, les associations de développement local et les groupements de femmes qui pallient l'absence ou la faillite de l'État Providence.

La Conclusion de la Critique Sociale

La réflexion de Pascal Djimoguinan s'inscrit en droite ligne de la ligne éditoriale de la Revue philosophique de Kimwenza, qui cherche à appliquer la rigueur de la rationalité critique aux réalités sociales et politiques du continent.

Pour l'auteur, la société civile en Afrique n'est ni un pur mythe abstrait, ni une réalité pleinement achevée. C'est une réalité en construction qui doit constamment lutter pour son autonomie financière et idéologique afin de ne pas se transformer en un simple « gadget » politique au service des élites.

(La Société civile en Afrique, mythe ou réalité ?, in Revue de philosophie et de critique sociale de Kimwenza n° 1, février 2000)


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mercredi 30 septembre 2026

Les chroniques Ccloises - Rhapsodies du temps présents (par Pascal Djimoguinan)

 Chroniques d’un Cclois des années 80 s’articule autour du parcours de Djas, un adolescent contraint par la guerre civile au Tchad, en 1979, de quitter N’Djamena pour rejoindre Doba, avant de poursuivre sa scolarité au Collège Charles Lwanga de Sarh. À travers son itinéraire, l’auteur restitue les circonstances particulières de son arrivée dans cet établissement, mais aussi les différentes étapes de son apprentissage, depuis les premières années du collège jusqu’à la préparation du baccalauréat qu’il a dû composer à deux reprises à cause de la crise socio-politique du pays. Le Collège apparaît comme un véritable espace de formation morale, intellectuelle et humaine où la rigueur, la discipline, le travail et le sens de la responsabilité occupent une place centrale. L’internat, les enseignants, les cuisiniers, les camarades et les différentes générations d’élèves participent à cette expérience collective qui forge les personnalités et crée un profond sentiment d’appartenance à ce que l’auteur désigne comme « l’esprit cclois ».

L’œuvre restitue également l’atmosphère culturelle et récréative de cette époque. Les soirées de conte au village auprès des parents, des oncles et des grands-parents, la célébration de la Noël, les sorties du jeudi et du dimanche après-midi, les cabarets où sont distillées le bili-bili et autres boissons locales, les salles de cinéma, les lieux de distraction, la chorale francophone de la cathédrale ainsi que les activités sportives, témoignent d’une vie sociale particulièrement riche. Le football et le handball occupent une place importante dans la mémoire collective. Le livre devient dès lors une véritable rhapsodie du temps, dans laquelle le passé est revisité avec nostalgie, gratitude et émotion. À travers le destin de Djas et celui de toute une communauté, l’auteur célèbre une époque révolue, tout en soulignant la permanence des valeurs de solidarité, de discipline, d’amitié, de transmission des valeurs religieuses et culturelles et de fidélité à la mémoire.



dimanche 31 mai 2026

Pascal Djimoguinan

 Pascal Djimoguinan est un prêtre jésuite, éducateur et écrivain tchadien né en 1961. Il est l'auteur de deux œuvres littéraires majeures qui explorent l'histoire contemporaine du Tchad à travers le prisme de la fiction et du témoignage personnel. [1, 2] 

Voici les détails clés sur ses deux ouvrages phares :

## 1. Les Naufragés de l'Histoire [2] 

Publié chez les Editions Toumaï, ce récit historique retrace le quotidien d'une famille tchadienne plongée dans les turbulences politiques du jeune État indépendant. [2] 


* Le thème : L'œuvre dépeint les tensions nationales et les bouleversements politiques.

* La chronologie : L'intrigue suit les soubresauts socio-politiques du pays jusqu'à la veille de la guerre civile de 1979. [2] 


## 2. Les Rescapés

Publié chez les Éditions Muse, cet ouvrage se présente sous la forme d'une autobiographie romancée. [1, 2, 3] 


* Le thème : Le livre met en lumière la résilience des civils face aux horreurs des conflits armés.

* Le focus : Il s'intéresse particulièrement au courage et à l'auto-organisation des femmes au milieu du chaos.

* Le contexte historique : Le récit se déroule durant les déchirements de la guerre civile qui a éclaté à N'Djamena en février 1979. [2] 


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## Profil de l'auteur

En dehors de sa casquette d'écrivain, Pascal Djimoguinan consacre sa vie à la formation et à l'éducation spirituelle des jeunes. Son parcours religieux et éducatif l'a amené à exercer dans plusieurs pays d'Afrique centrale, notamment à Kinshasa (RDC), Bangui (RCA), Sarh (Tchad), ainsi qu'à Bafoussam au Cameroun. [1, 2, 3] 

Souhaitez-vous obtenir des informations plus précises sur le contexte historique de la guerre de 1979 au Tchad ou sur le parcours biographique de cet auteur jésuite ?


[1] [https://fr.wikipedia.org](https://fr.wikipedia.org/wiki/Pascal_Djimoguinan)

[2] [https://fr.wikipedia.org](https://fr.wikipedia.org/wiki/Pascal_Djimoguinan)

[3] [https://www.laboutiqueafricavivre.com](https://www.laboutiqueafricavivre.com/livres-specialises/311129-les-rescapes-9786139767823.html)



jeudi 21 mai 2026

Les naufragés de l'Histoire (par Pascal Djimoguinan)

 Les naufragés de l’histoire est un récit qui retrace le vécu quotidien et l’histoire de la famille du papa Evariste Djimoguinan Mondgdjim. Toute l’histoire tourne autour du jeune Djas avec ses petits frères Djim et Constant. C’est aussi un roman historique qui relate l’histoire des régimes de NGarta Tombalbaye, du général Félix Malloum et de Hissein Habre. Le narrateur adopte plusieurs points de vue pour faire vivre aux lecteurs les affres de la vie quotidienne à N’Djamena, à Moundou, à Abéché, bref dans tout le Tchad profond. Les souvenirs d’un enfant sont faits de ce que les adultes ont voulu le laisser voir, et de tout le reste qu’il croit avoir vu. Il s’agit dans ce livre de Pascal Djimoguinan de présenter les valeurs de la société africaine qui sont la solidarité, la compassion, l’entraide et l’amour.


263 pages

Prix: 15 000 FCFA

Editions TOUMAI

Biographie

Pascal Djimoguinan, l’auteur de ce roman quelque peu autobiographie, est un prêtre jésuite Tchadien. Il est depuis plusieurs années dans la formation et l’éducation des jeunes, notamment dans les maisons de formation, tels les grands séminaires et les philosophas.

Il a ainsi pu travailler à Kinshasa (RDC), à Bangui (RCA) et à Sarh (Tchad). Il est maintenant à Bafoussam à l’Ouest du Cameroun où il continue ce travail de formation des jeunes




jeudi 14 mai 2026

Docteur Nguéto Tiraïna Yambaye, une voix africaine audible (par Pascal Djimoguinan)

 S’il est des voix autorisées, capables de parler de l’Afrique, surtout sur le plan économique, le docteur Nguéto Tiraïna Yambaye en est une. Cet économiste spécialisé en finance internationale et en stratégies de financement tchadien est actuellement le Directeur Général du FAGACE (Fonds Africain de Garantie et de et de Coopération Economique). Il en est le septième Directeur Général et en en poste depuis le 1er juillet 2020, et a réussi à redynamiser le Fonds pour qu’il connaisse une évolution rapide. Il a été ministre tchadien de l’économie, du Plan et du développement et administrateur du FMI pour les pays africains.

Fin pédagogue, docteur Nguéto Tiraïna Yambaye a su exposer ses idées avec clarté dans des livres qu’il est possible d’acheter sur Amazon. Les trois derniers livres sont très explicites par leur titre et peuvent introduire même les néophytes dans l’économie. On peut y voir un optimiste très fort de docteur Nguéto sur le rôle que l’économie africaine peut jouer sur le plan mondial. Ces trois livres sont :

- Redynamiser l’Afrique de demain

- L’Afrique de demain dans l’économie mondiale

- Les fonds de garantie au cœur du financement de l’Afrique de demain.

Les vrais combats de l’Afrique se passent au niveau de l’économie mondiale où il faut savoir utiliser les mêmes outils que les autres experts du monde entier. A ce niveau, le docteur Nguéto Tiraïna Yambaye est une voix qui compte.







 

lundi 27 avril 2026

Où étais-tu quand la liberté était en péril ?

 « Quand ils sont venus chercher les communistes,

Je n’ai rien dit,

Je n’étais pas communiste.

Quand ils sont venus chercher les syndicalistes,

Je n’ai rien dit,

Je n’étais pas syndicaliste.

Quand ils sont venus chercher les juifs,

Je n’ai pas protesté,

Je n’étais pas juif.

Quand ils sont venus chercher les catholiques,

Je n’ai pas protesté,

Je n’étais pas catholique.

Puis ils sont venus me chercher,

Et il ne restait personne pour protester. »


— Martin Niemöller (1892 – 1984), pasteur et résistant allemand



mercredi 25 mars 2026

Tchad, : Liberté pour Masra. (par Pascal Djimoguinan)

 S’il m’était demandé de parler aux hommes politiques tchadiens aujourd’hui, voilà ce que je leur dirais :

Ne savez-vous pas que toute la politique tchadienne est polluée par la détention de Masra Succès ?

Montrez-moi un seul avantage que le Tchad tire de cette détention. Il ne me souvient pas que cela ait fait partie du programme du candidat président lors de la campagne présidentielle, alors d’où cela sort-il ?

Lorsque nous étions petits, dans nos groupes, il y avait ce que nous avions l’habitude d’appeler « Kaouffage ». Arrêtons-nous un instant sur ce concept typiquement N’Djamenois :

Le mot « Kaouffage » a été forgé à partir du mot « Khof » en arabe dialectal tchadien qui veut dire la peur. En français, très souvent le « age » s’ajoute au verbe pour désigner une action ou son résultat. Ainsi, le mot « Kaouffage » désigne l’action de faire peur, souvent en vue d’obtenir quelque chose.

Le Kaouffage se fait souvent dans un groupe afin de garder le leadership. Il est aussi exercé entre les groupes, dans ce qu’on appelait autrefois, au temps de la « guerre froide » un équilibre de terreur.

Il ressort de tout cela que le Kaouffage est l’apanage des chefs de gangs, les « gary » du marché.

Cet excursus était dans le but de dire que l’interpellation et la garde en détention de Masra Succès est un Kaouffage de l’Etat.

Il faut dire tout de suite que l’intérêt de ce Kaouffage d’Etat est nul. Non seulement seule ne nuit pas à la réputation de Masra, mais cela fait de lui un martyr tout en rendant tout message du gouvernement inaudible.

Il est temps de revenir à la vraie politique et de travailler pour le bien de la population. Il faudra que ceux qui sont au pouvoir, après avoir perdu inutilement du temps dans des incantations magiques commencent à mettre en pratique les promesses de la campagne présidentielle pour le bien de la population.

Quant à Marsra Succès, laissez le tranquille. Que chacun fasse sa propre politique. Le peuple tchadien reconnaîtra les siens.